Les réactions tombent aussitôt que la nouvelle de l’incendie de l’entrepôt de la CENI contenant les matériels électoraux destinés à la ville de Kinshasa s’est répandue tôt ce matin de jeudi 13 décembre 2018. À 10 jours de la tenue des élections, une autre épisode s’improvise dans le processus électoral congolais.

Le candidat président Seth Kikuni n’y va pas par le dos de la cuillère. Pour lui, la CENI a brûlé elle-même ses propres machines, c’est une comédie du siècle. “Shadary fait semblant de battre campagne. S’il gagne, il y aura chaos. Lamuka bat campagne pour rejeter la machine. Si elle réussit son coup: chaos. CACH bat campagne pour coincer le pouvoir. S’il perd: chaos. Entre temps, la CENI a brulé ses propres machines. Comédie du siècle“, a-t-il écrit sur son compte twitter.

De son côté Olivier Kamitatu, le porte-parole de Moïse Katumbi, préfère s’interroger : “À quelques jours des élections, un violent incendie s’est déclaré dans la nuit à Kinshasa dans un des principaux entrepôts de la CENI ! L’étendue des dégâts semble considérable ! du sort ou une main noire s’acharne-t-elle contre les élections ?“.

Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) ne comprend pas non plus rien? Est-ce une coïncidence ou une planification ? “Au lendemain des aveux de Corneille Nangaa sur les graves retards dans le déploiement des matériels et la formation des agents électoraux à 10jrs du 23 décembre, un incendie vient de réduire en cendres la logistique pour tout Kinshasa, y compris les fameuses à machines à voter. Coïncidence?“, s’interroge-t-il.

L’ONG des droits de l’homme, ASADHO croît avoir la réponse : “L’incendie de l’entrepôt de la CENI à Kinshasa rentre dans la stratégie d’empêcher les élections pour que Kabila reste au pouvoir“, dénonce-t-elle.

Les rumeurs d’un probable report de la tenue des élections court depuis des semaines. Report justifié par le retard que la CENI a accumulé dans l’acquisition et le déploiement des matériels électoraux, notamment les machines à voter tant contestées. Le président de la commission électorale Corneille Nangaa a beau et bien démenti, sans faire cesser les bruits de couloirs et des coins de rues.

Après l’incendie, le ministre de l’intérieur Henri Mova Sakanyi parle des dégâts matériels très importants, mais accusent également ceux qui en voulaient aux machines à voter. “Vous avez entendu les gens qui ne voulaient l’une ou l’autre donnée du processus électoral, les uns étaient contre la machine à voter, c’est justement les machines à voter qui ont brûlé mais on ne peut pas risquer des conclusions rapides“, a-t-il dit.