Human Rights Watch annonce avoir a mené sept visites de recherche sur le territoire de Beni au cours de ces quatre dernières années et a parlé à plus de 200 victimes et témoins des attaques, ainsi qu’à des responsables de l’armée et du gouvernement congolais, de l’ONU, et d’autres personnes.

Alors que des représentants du gouvernement congolais et de l’armée ont toujours affirmé à plusieurs reprises que la quasi-totalité des attaques commises à Beni étaient le fait des Forces démocratiques alliées (ADF), groupe armé islamiste ougandais présent dans la zone depuis 1996, l’organisation dément cette version.

Les recherches de Human Rights Watch, de même que les conclusions du Groupe d’experts de l’ONU sur le Congo, du Groupe d’étude sur le Congo basé à New York et d’organisations congolaises de défense des droits humains, suggèrent que d’autres groupes armés ainsi que certains officiers de l’armée congolaise ont été impliqués dans la planification et l’exécution de beaucoup de ces attaques“, dit-elle dans cette publication consultée par POLITICO.CD.  “Les ADF semblent aussi s’être scindés en plusieurs factions, certains de ces combattants travaillant avec des groupes armés locaux“, ajoute-t-on.

Parmi les responsables de l’armée épinglés, Human Rights Watch cite le Groupe d’experts de l’ONU, qui a établ, dans un rapport en 2016,  que le Général de brigade Muhindo Akili Mundos, commandant de l’armée congolaise, était en charge des opérations contre les ADF d’août 2014 à juin 2015, avait “formé un nouveau groupe armé en recrutant des combattants des ADF, d’anciens combattants de groupes armés locaux connus sous le nom de Mai Mai, et d’autres personnes.

Ce groupe a été impliqué dans certains massacres commis sur le territoire de Beni depuis octobre 2014, toujours selon le Groupe d’experts.

Le général Mundos a été sanctionné par l’Union européenne en mai 2017, et par le Conseil de sécurité de l’ONU en février 2018, en raison de son implication présumée dans de graves violations des droits humains, y compris à Beni. Le Brigadier Général avait été déployé en Ituri à la mi-2015, et dans la ville de Bukavu, à l’est, en août 2018. On ignore s’il joue un rôle dans les tueries commises actuellement.