Des présumés “djihadistes” annoncent “une guerre sainte” et mettent en garde Kabila dans une vidéo

La vidéo de deux minutes et vingt secondes montre une dizaine de personne, femmes et enfants compris, dont certaines portant des uniformes militaires et munies d’armes. S’exprimant en Swahili, en Français et en Kinyarwanda, ils appellent à une “guerre sainte” dans l’Est de la République démocratique du Congo, mettant en garde les présidents Kabila, Museveni ou encore Kagame.

Ce message est envoyé à Joseph Kabila [RDC], Pombe Magufuli [Tanzanie], Paul Kagame [Rwanda], Yoweri Museveni [Ouganda] (…) que nous sommes prêts [à faire la guerre] à n’importe quel moment“, dit un homme tenant une arme à la main.

Nous ne sommes pas ici pour occuper les plages, nous ne sommes pas ici pour tuer les animaux, nous sommes ici pour élever le Coran d’Allah et le Sunate son Prophète Mohamed“, ajoute-t-il avant de menacer directement le président Kabila: “attends-nous, nous sommes en chemin“, sous les rires d’enfants et femmes autour de lui.

C’est la deuxième vidéo qui fait mention d’un mouvement islamiste dans l’Est de la RDC où les autorités ont toujours affirmé faire face à un mouvement terroriste notamment à Beni. La ville fait face depuis 2014 à des attaques contre des civils, l’armée et même contre la Monusco, faisant plusieurs milliers de morts.

En effet, un autre vidéo de deux minutes a été diffusée sur plusieurs sites sécurisés et à travers les applications de messageries djihadistes en octobre 2017. On y voyait un homme tenant une mitrailleuse en mains, s’exprimant en arabe. Entouré par ceux qui semblaient être des miliciens,  ils se revendiquaient du groupe Madinat Tawhid wa-l-Muwahidin (MTM, la ville du monothéisme et des monothéistes), appelant “les musulmans à travers le monde à venir au Congo pour y effectuer une “hijrah” [Hégire].

A l’époque, dans une intervention sur POLITICO.CD, Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais et ministre de la Communication et des médias, a insisté sur le fait que son pays affronte un groupe qui applique ce qu’il qualifie de  « Djihadisme international », et en appelle à la Communauté internationale d’intervenir.

 

Cette intervention de Lambert Mende a suscité un véritable tollé sur les réseaux sociaux et auprès des opposants congolais qui, pour eux, le gouvernement “cache ses faiblesses” derrière un groupe terroriste “imaginaire”. Martin Fayulu, président d’un parti politique de l’opposition parle de “crise artificielle”, alors que Moïse Katumbi, un autre opposant au gouvernement du président Joseph Kabila, parle de l’irresponsabilité du gouvernement” à “sécuriser les populations” civiles.

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