La semaine dernière, la visite de Paul Kagame, président du Rwanda et président en exercice de l’Union Africaine, à Paris a provoqué la colère de Kinshasa, à la suite des propos du président français Emmanuel Macron. Kinshasa, par l’entremise du ministre congolais de la Communication et des médias, Lambert Mende, a même demandé des explications de Paris, sur une supposée “initiative” rwandaise en RDC.

Quelques jours après, le président Macron a répondu aux autorités congolaises en recevant, dans la foulée, João Lourenço , président de l’Angola.  “Nous partageons les mêmes préoccupations et les mêmes volontés. La France viendra en soutien des initiatives des pays de la région et de l’Union africaine qui est de faire appliquer les accords (de la Saint-Sylvestre 2017)“, a déclaré le président français devant la presse.

C”est dans ce décor que le même président angolais arrive ce lundi à Bruxelles, une autre capitale européenne qui est aux prises avec Kinshasa. Il sera succédé par le rwandais Paul Kagame. Si les deux visites d’Etat n’ont rien à voir l’une avec l’autre, on y parlera tout de même de la RDC.

En effet, les relations entre Bruxelles et Kinshasa sont plongées dans une crise profonde depuis le début de l’année, quand le gouvernement belge a décidé “une révision fondamentale” de la coopération avec les autorités congolaises jusqu’à “l’organisation d’élections crédibles” en RDC. En représailles, le gouvernement congolais a ordonné à la Belgique de fermer son consulat général à Lubumbashi, le chef-lieu de la province du Haut-Katanga (sud-est), de mettre fin aux activités de sa nouvelle agence de développement (Enabel) et de fermer la Maison Schengen à Kinshasa – une sorte de consulat européen géré par la Belgique.