Lundi 13 novembre, dans la capitale de cette province, Goma, le numéro un de la police provinciale à tenu un meeting pour mettre ses hommes aux aguets. «La police va arrêter tous ceux qui vont tenter de troubler l’ordre public», a menacé l’inspecteur provincial de la police au Nord-Kivu, Placide Nyembo.

Pour lui, les manifestants, qu’il qualifie inciviques, doivent être “réprimés sans état d’âme”.  «Nous avons suivi dans de réseaux sociaux des inciviques qui écrivent et demandent à la population de ne pas aller travailler. Moi je pense que c’est anormal. Je demande aux parents d’envoyer les enfants à l’école, d’aller travailler. J’apaise la population de ne pas suivre le mot d’ordre des inciviques qui se droguent par-dessus le marché», explique-t-il dans son intervention en Lingala diffusée par vidéo sur Youtube.

“La rue, dit-il, appartient à l’Etat. Quelqu’un ne peut pas se taper à la poitrine et décider de troubler l’ordre public. Il aura en face de lui la police nationale congolaise».

Dans un communiqué publié ce mardi 14 novembre, la mission de l’ONU en République démocratique du Congo exhorte ainsi les autorités congolaises à “respecter les libertés fondamentales telles que stipulées dans la Constitution congolaise, dont la liberté de réunion et de manifestation, et à instruire les forces de défense et de sécurité à respecter les principes de nécessité, proportionnalité et légalité, conformément aux normes internationales.”

La MONUSCO rappelle également aux citoyens que le droit de manifester implique de s’abstenir de recourir à la violence sous toutes ses formes. « Dans le contexte actuel de transition politique, il est important que toutes les voix puissent s’exprimer dans le calme et de façon pacifique. Conformément à son mandat, la MONUSCO se réserve le droit d’observer les événements et de rapporter d’éventuelles violations des droits de l’homme», a déclaré Maman Sidikou, Représentant spécial du Secrétaire général en République démocratique du Congo et chef de la MONUSCO, cité par ce communiqué.

La Dynamique de l’opposition, une des composantes du Rassemblement, a appelé samedi ses militants à descendre dans la rue le 15 novembre pour réclamer une transition sans le président Joseph Kabila. L’appel de cette coalition de l’opposition rejoint celui des mouvements Filimbi, Lucha ou encore les Congolais debout qui ont tous rejeté le calendrier publié le 5 novembre par la CENI.