Alors que le ministère congolais de la santé et l’organisation mondiale de la santé, OMS, ont validé les protocoles pour l’application de vaccins et des traitements expérimentaux, qui grâce à leur efficacité ont permis à réduire le taux de mortalité du virus, John Jordan, communicologue à l’organisation Principor Communications estime dans une tribune envoyée à POLITICO.CD, que les communautés locales restent la réponse efficace face à cette épidémie.

“La méfiance à l’égard des ONG étrangères constitue un autre défi. Souvent, cette méfiance est générée par des efforts agressifs d’assainissement des personnes et des biens, d’isolement des malades et d’enterrement rapide des victimes. Ces efforts peuvent violer les traditions et paraître lourds. Dans certains cas, ils ont donné lieu à des théories du complot au sujet des organisations occidentales à disséminer les maladies et au trafic d’organes” écrit John Jordan dans un mail envoyé à POLITICO.CD

“C’est pourquoi les initiatives efficaces de santé publique en Afrique font souvent appel à des groupes communautaires” indique John Jordan.

L’effort réussi d’administration de médicaments contre le VIH/Sida montre qu’une façon de le faire permet de sauver des vies et d’atteindre d’autres objectifs sociaux et économiques estime ce chercheur.

“L’organisation World Neighbours avec d’autres ONG, supervise ces groupes communautaires dans les communautés rurales du Kenya, de l’Ouganda et de la Tanzanie. Bien que les médicaments soient fournis dans le cadre du plan d’urgence du président pour la lutte contre le Sida, seule la participation de la communauté permet de s’assurer qu’ils sont correctement distribués” assure John Jordan.

“La pièce maîtresse de ce travail est le conseil et le test volontaires. Dans les dispensaires de village mis en place par World Neighbours et des groupes communautaires, des volontaires aident à sensibiliser les résidents au VIH/Sida et encouragent les personnes à se faire tester” détaille John Jordan.

“En cas de séropositivité, les personnes séropositives sont encouragées à recevoir et à bien s’auto-administrer les médicaments fournis. Les bénévoles des cliniques aident à surveiller l’utilisation des médicaments et à informer les personnes infectées sur la façon de rester en bonne santé” explique John Jordan, qui suggère que l’approche soit repiquée dans la riposte contre Ebola.

Fiston Mahamba (@FMLarousse) | POLITICO.CD