Dans l’objectif de faciliter l’accès à l’information sur les ressources énergétiques en République démocratique du Congo, Resource Matters (une association à but non lucratif qui a pour but de contribuer à surmonter le paradoxe des ressources naturelles, c’est-à-dire le contraste entre la richesse naturelle d’un pays et la pauvreté de sa population) a compilé et comparé les informations disponibles sur les différents sites et centrales énergétiques apprend POLITICO.CD auprès de cette organisation.

“Après vérification, la base de données a été transformée en carte interactive accessible gratuitement sur internet. L’utilisateur peut télécharger les données et les utiliser en fonction de ses besoins” écrit le site web de Resource Matters consulté par POLITICO.CD ce jeudi.

Pour parvenir à ces résultats l’équipe de Resource Matters indique avoir exploité une vingtaine de bases de données et listes relatives aux centrales et sites énergétiques en République démocratique du Congo.

“Au courant de cet exercice de comparaison des informations provenant du Ministère de l’Energie et des Ressources Hydrauliques, du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et d’autres sources, nous avons rencontré plusieurs défis” lit-on dans cet article.

Sur les 1206 sites répertoriés, nous n’avons pu retrouver aucune coordonnée pour 551 d’entre eux – y compris ceux relevés lors des études qui sont à la base de l’Atlas du PNUD (versions 2014 et 2016)” poursuit la même source.

Pour les sites dotés de coordonnées géographiques (655 sites), environ 38 % (208) des sites n’a pu être retrouvé sur Google Satellite. Par exemple, de nombreux sites hydroélectriques se situaient loin de tout éventuel cours d’eau.

Ceci implique qu’un important travail de vérification GPS reste à réaliser pour valider les coordonnées de potentiels sites explique cette étude de cette organisation basée à Bruxelles, qui cherche à comprendre les causes de la disparités entre les ressources naturelles des pays et la pauvreté dans laquelle vivent ses populations et plaider pour une meilleure gouvernance des ressources naturelles.

“Nous avons également constaté de nombreuses contradictions entre les diverses sources – par exemple en matière de potentiel énergétique, de puissance installée, de débit et de hauteur de chute” détaille une présentation de l’étude.

“À notre connaissance, il existe peu d’études approfondies récentes des sites énergétiques. Les études de préfaisabilité par exemple datent pour la plupart d’entre elles de l’époque coloniale ou de l’ère zaïroise. Même pour certains sites actuellement en développement, les données hydrauliques par exemple sont parfois datées de plus d’un demi-siècle et dès lors de faible qualité” démontre Resource Matters.

“Si la richesse énergétique de la République Démocratique du Congo est reconnue, elle n’est pas pour autant connue à un degré suffisant pour en permettre le développement. Les éventuels promoteurs publics ou privés d’investissements dans le secteur énergétique font parfois face à des surprises sur terrain : dans certains cas, le débit est largement supérieur aux estimations, dans d’autres cas, le cours d’eau a entièrement tari et tout développement est exclu” note le document .

“Il conviendrait d’investir dans une étude rigoureuse et approfondie des ressources énergétiques potentielles, et de les mettre à disposition de manière officielle à un public élargi. Ceci permettrait une meilleure planification énergétique au niveau du gouvernement, et attirerait davantage les investisseurs suffisamment outillé pour développer de nouveaux sites énergétiques” recommande l’organisation.

Fiston Mahamba (@FMLarousse) | POLITICO.CD