L’enquête menée par le bureau du Haut Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU à la suite de massacres à Yumbi a permis de conclure que les violences documentées à Yumbi pourraient présenter des éléments constitutifs de crime contre l’humanité par meurtre, persécution, transfert forcé de populations ou violences sexuelles.

“Au moins 545 personnes ont été tuées dans les violences commises à Yumbi, Nkolo II et Bongende. Bien que les assaillants aient atteint des personnes non Banunu, il semble que la grande majorité des victimes ont été visées en raison de leur appartenance à la communauté Banunu” écrit le document publié ce mardi à Genève.

“Dans certains cas, les assaillants ont demandé si les victimes étaient Banunu avant de les tuer, et ont épargné les membres d’autres communautés” écrit le rapport.

Les informations collectées par l’équipe, notamment à travers les divers témoignages des
personnes rescapées, semblent en outre démontrer que les auteurs des violences avaient l’intention
de détruire la communauté Banunu dans les localités visées poursuit la même source.

“De manière générale, le mode opératoire utilisé lors des attaques semble indiquer la volonté des assaillants de tuer le plus grand nombre de personnes, y compris les femmes et les enfants (et dans certains cas les fœtus) et de ne laisser aucun survivant : les victimes blessées étaient presque systématiquement achevées par arme blanche ; les personnes qui tentaient de fuir les maisons en flammes étaient tuées, tout comme celles qui tentaient de fuir par le fleuve” dit le Haut-commissariat de l’ONU aux droits humains.

Le rapport indique qu’enfin, les meurtres documentés ont été commis dans le cadre d’une série d’attaques similaires et planifiées contre les populations Banunu des trois localités de Yumbi, Nkolo II et Bongende.

“Certains assaillants auraient dit devant une victime à Yumbi qu’ils n’avaient pas pour instruction de piller mais seulement de tuer.”

Le rapport conclut qu’en outre, les meurtres, mutilations et destructions d’habitations décrits dans le présent rapport ont été commis de manière délibérée et systématique à l’encontre de membres de la communauté Banunu et pourraient dès lors présenter les éléments constitutifs de crimes contre l’humanité par meurtre, par persécution ou par transfert forcé de populations.

Fiston Mahamba |POLITICO.CD