Alors que les liens entre Paris et Kigali restent distendus depuis le génocide rwandais, Emmanuel Macron et Paul Kagame ont renoué leurs rélations diplomatiques lors d’une visite mercredi du président rwandais à l’Elysée. A Kinshasa, ce rapprochement n’a pas manqué d’inquiéter.

En effet, les relations restent tendues entre la République démocratique du Congo et le Rwanda voisin. La semaine dernière, une étrange affaire a fait surface. Selon Jeune Afrique, Brigitte Safari Misabiro, épouse d’un cadre de l’ex-groupe rebelle M23, a été arrêtée à la frontière entre les deux pays et  transférée le 11 mai à Kinshasa. Elle serait au cœur d’un « complot » de Kigali contre Joseph Kabila. « L’armée congolaise prend cette affaire très au sérieux et se prépare avec tous ses moyens à faire échec à cet énième complot» , aurait alors confié un un haut-responsable des Forces armées de la RDC (FARDC), proche du président Joseph Kabila, à Jeune Afrique.

Dans ce contexte, le président français Emmanuel Macron est venu alimenter l’inquiétude avec une déclaration qui n’a pas manqué d’intriguer à Kinshasa. “Nous avons aussi évoqué la situation en République démocratique du Congo. La position de l’Union Africain et des pays de la région est pour moi essentielle, j’y suis très attaché et, je peux dire ici, que nous partageons constamment avis et position, et que la France soutient l’initiative prise par le président de l’Union Africaine en lien étroit avec le président angolais“, a-t-il dit.

Cependant, loin d’une opposition frontale entre Kinshasa et Kigali, la position de Paul Kagame sous son étiquette du président de l’UA risque de faire déchanter les opposants qui réclament le départ du président Joseph Kabila. En effet, expliquant la position de son pays sur France24 mercredi,, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, également candidate au poste de Secrétaire générale de la Francophonie, a faire savoir que son pays n’a pas le droit de demander le départ de Kabila: “La priorité du Rwanda et de l’UA est la stabilité de la RDC. Nous n’avons rien à dire sur le maintien ou non de Kabila au pouvoir, ça regarde les Congolais”, a-t-elle dit.