La province du Nord-Kivu est toujours en proie à d’extrêmes violences, note globalement le Kivu Security Tracker (KST), un projet conjoint du Congo Research Group, basé au Centre de coopération internationale de l’Université de New York, et de Human Rights Watch

Sur le territoire et dans la ville de Beni, on assiste à une recrudescence des tueries dans le contexte de l’offensive militaire contre les Forces alliées de défense (ADF), un groupe rebelle ougandais“, explique-t-on dans ce document consulté par POLITICO.CD.

LE KST note 84 massacres (en hausse de 14% par rapport à mars 2018),  91 enlèvements et 23 kidpaning ( en hausse de 31%) et 49 affrontements entre belligérants (en hausse de 14%).

Parmi les victimes, note le KST,  il y a aussi celles qui ont été tuées par les FARDC: c’est le cas d’un homme de 40 ans tué dans la ville de Beni le 14 avril quand les FARDC ont dispersé une foule qui voulait aller chercher des fermiers disparus après un affrontement dans le quartier de Ngadi; un soldat a également été tué par son collègue à Bolkene le 22 avril.

Outre des affrontements, une crise politique s’ajoute également à cette situation tendue dans le Nord-Kivu. Les forces de sécurité, explique-t-on,  ont arrêté et relâché plus tard 42 militants à Beni le 25 avril lors d’une manifestation contre l’insécurité grandissante.  “En plus des accusations sur l’incapacité des services de sécurité à protéger les civils – qui sont souvent liées à des préoccupations plus larges concernant le manque de légitimité du président Joseph Kabila, les élections ayant été retardées à plusieurs reprises – une nouvelle controverse politique a émergé ce mois-ci“, affirme le KST.

En avril, plusieurs déclarations écrites par des organisations perçues comme étant affiliées à des élites hutues ont plaidé en faveur de la division de la province du Nord-Kivu, provoquant une forte opposition de la part des dirigeants Nande.