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« En première ligne pour l’alternance, l’église Catholique compte composer avec Félix Tshisekedi, malgré son imposition par Kabila »: Fridolin Ambongo 

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L’archevêque de Kinshasa a de nouveau rejeté les résultats du 30 décembre dernier, ayant consacré Félix Tshisekedi à la tête de la RDC dans une interview accordée au journal Catholique La Croix.

« Comme nous l’avons toujours dit, ce résultat est un déni de vérité. Et nous sommes convaincus que l’on ne peut fonder l’avenir d’une nation sur le mensonge » affirme Monseigneur Fridolin Ambongo.

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« C’est d’ailleurs le message que je viens de porter au département d’État, à Washington, et que je vais répéter au Quai d’Orsay, où je dois être reçu cette semaine » explique l’archevêque de Kinshasa.

Fridolin Ambongo explique qu’à l’issue d’une rude lutte pour l’alternance, menée en première ligne par l’église Catholique, finalement, en décembre, le peuple a voté en faveur d’une rupture avec le régime de Kabila.

« Hélas, le scrutin a été entaché par la tricherie. D’après ce qu’ont rapporté les 40 000 observateurs déployés par l’Église catholique pour l’élection, Martin Fayulu, un autre opposant à l’ancien président, a recueilli 60 % des suffrages. Mais c’est Félix Tshisekedi qui a été déclaré officiellement vainqueur, car Kabila a œuvré en ce sens » explique le prélat Catholique, indiquant que l’issue finale de l’élection demeure une grande frustration pour le peuple.

Après le militantisme des évêques de la conférence épiscopale nationale du Congo, CENCO, ce sont les laïcs qui se sont levés pour l’alternance rappelle l’archevêque Ambongo. « De décembre 2017 à février 2018, le Comité laïc de coordination (CLC) a organisé de grandes mobilisations pour demander l’alternance démocratique » déclare l’ancien chef spirituel du diocèse de Mbandaka-Bikoro.

« Il y a eu des morts, des lieux de culte ont été saccagés, des prêtres humiliés. L’Église a payé le prix fort pour que des élections puissent avoir lieu » souligne Fridolin Ambongo.

« Malgré tout, maintenant que Félix Tshisekedi est au pouvoir, et même s’il a été imposé par Kabila, nous voulons composer avec lui. Nous pensons que, même du mal, il est possible de tirer le bien. Et de son côté, le nouveau président doit aussi donner des gages pour tenter de corriger ce mal initial. Les premiers signaux sont bons, mais l’ancien président tire toujours les ficelles » conclut l’évêque coadjuteur de Kinshasa.

Fiston Mahamba (@FMLarousse) | POLITICO.CD
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