Une coalition de 32 organisations congolaises impliquées dans la protection de l’environnement accuse la Banque Africaine de Développement d’ignorer les besoins de la population congolaise en promouvant un projet de barrage hydroélectrique qui aura un impact sérieux sur l’environnement et sur le social des communautés locales affectées (accès à la terre, à la nourriture, à l’eau potable, à la forêt).

Lors de sa visite en RDC du 17 au 20 juin 2019, le président de la Banque Africaine de Développement a visité le site d’Inga d’où le projet Inga 3 exporterait de l’énergie vers la sous-région plutôt que d’électrifier en priorité la RD Congo.

Dans leur déclaration, la coalition d’organisations de la Société Civile congolaise et de communautés locales affectées par les barrages d’Inga demande au gouvernement congolais et aux investisseurs étrangers, incluant la Banque Africaine de Développement (BAD), de prendre en compte les revendications des communautés locales et de la population congolaise en ce qui concerne le développement du projet Inga 3.

Curieusement pour ces ONGs Monsieur Adesina, le Président de la Banque Africaine de Développement (BAD) a rejeté toutes les sollicitations de la société civile congolaise et les communautés locales d’Inga visant à le rencontrer.

Une attitude vivement deplorée par cette Coalition d’organisations de la société civile congolaise qui selon elles, frise manifestement un mépris délibéré de la politique des sauvegardes de la Banque Africaine de Développement (BAD), plus spécialement ses principes relatifs à la consultation et à l’implication de différentes parties prenantes dans un projet soutenu financièrement par elle.

Pourtant, dans sa politique du secteur Energie, la BAD a promis de s’assurer que les projets de centrales hydroélectriques :

i) prennent effectivement en compte les éventuels impacts sociaux et environnementaux, et ce, en conformité avec les normes de protection environnementale et sociale de la Banque;

ii) intègrent les incidences du changement climatique;
et iii) s’appuient de façon adéquate sur les besoins de développement locaux et nationaux en eau et énergie, tout en accordant l’attention requise à l’impact sur les populations en aval.

Des risques environnementaux élevés dans la construction d’inga3

« Les risques sociaux et environnementaux élevés du projet d’Inga3 sont évidents. Nous communautés touchées par Inga 1 et 2, luttons depuis des décennies pour obtenir une juste compensation et continuent de subir les conséquences économiques et culturelles liées à la perte de nos terres » explique Albert Tona membre de la communauté d’Inga.

Et d’ajouter: « Beaucoup des ménages risquent d’être déplacés à nouveau par Inga 3. ».

La coalition de ces ONGs a rappelé que les appels du chef de l’Etat aux investisseurs ne tient pas compte de la consultation publique et moins encore des études appropriées.

Pour ce, ces organisations signataires recommandent au gouvernement congolais à reconsidérer le développement du projet Inga 3 en vue de prendre le temps de réfléchir sur les stratégies et bonnes pratiques à mettre en place en faveur du développement du secteur énergétique en RD Congo et de l’augmentation du taux d’accès des populations à une énergie propre et durable.

Elles demandent aussi à la Banque Africaine de Développement (BAD) de travailler à faire respecter ses propres principes dans des projets soutenus financièrement par elle.

Rappel du projet inga3

Inga3 fait partie du plus vaste projet Grand Inga, un projet de complexe hydroélectrique géant dans la province de Kongo Central, visant à atteindre une capacité de production d’environ 40 gigawatts.
Les deux premiers barrages, Inga1 et Inga 2, ont été construits respectivement en 1972 et en 1982.
L’idée de construire un troisième barrage, Inga3, est quant à elle discutée depuis 2013.

A l’origine, le projet devait fournir 4,8 GW d’électricité, principalement pour être exporté vers l’Afrique du Sud et pour alimenter des mines dans l’est de la RDC.
Cependant, la Banque mondiale a annulé son engagement en 2016, semant le désordre dans le projet alors que les investisseurs se sont dérobés. En partie pour répondre aux critiques formulées sur les données économiques erronées du projet, le gouvernement a annoncé en 2017 qu’il redéfinirait le projet, avec l’intention de doubler la capacité de production, pour atteindre plus de 10 GW.

L’Agence pour le Développement et la Promotion du Projet Inga (ADPI) a demandé aux deux consortiums concurrents qui ont soumissionné pour développer le projet—un consortium dirigé par China Three Gorges Corporation et un autre comprenant le groupe espagnol ACS, présidé par Florentino Perez, président du club de football du Real Madrid, de présenter une offre commune.

Depuis Décembre 2019, un accord pour le Développement Exclusif a été signé entre le gouvernement Congolais représenté par ADPI d’une et de l’autre le consortium représenté par les deux entreprises ci-haut citées.

2 comments

  1. Il faut éviter de servir de caisse de résonance de certains intérêts étrangers qui n’ont pas intérêt à voir l’Afrique faire un saut dans le future. Leur motif est pour nous de continuer a dépendre de leur services et supportons leur mode de vie élevé pendant que nous souffrons énormément de payer la facture du sous développement imposé. J’ai longuement commenté en réponse a un article publié par Internationale Rivers sur Inga 3 dans esi-africa.com Les bénéfices d’avoir Inga dépassent de loin en qualité et quantité les désavantages évoqués par ces ONG de sorte qu’elle ne valent prendre le futur de tout un pays et continent en otage. 6 millions de Congolais sont morts , des millions ont été déplacés et de dizaines de millions disparaîtront dans les 10 ans qui viennent parce que les tueurs sont des gens facilement entraînés et utilisés dans ces guerres parce qu’ils manquent d’activités et opportunités économiques souvent lié à un manque d’énergie électrique qui facilite la production. Que sont donc ces chiffres énormes par rapport a quelques personnes déplacées, une situation que nous pouvons facilement gérer compte tenu de l’espace libre dont nous disposons dans notre pays?

  2. Nous sommes en plain dans la révolution de la batterie avec haute capacité de stockage d’énergie qui permet l’existence des voitures, bateaux, avions électriques , qui va permettre d’ éclairer, refroidir… les maisons, qui permet d’avoir des appareils mobiles viables etc. et d’entrer dans le futur. Maintenant, toutes ces batteries demandent d’être chargées. l’Afrique devrait-elle se préparer à dépenser des milliards pour importer des panneaux solaires et autres engins pour tirer les bénéfices de cette révolution ou décider d’être abandonnée en arrière par manque d’électricité et d’argent? Pourquoi le Congo ayant la majorité de Cobalt du monde ne peut espérer avoir une industrie de production de toutes ces batteries et les livrer au monde, ou des voitures électriques et autres machines de façon à donner plus de valeur à ses minerais, et se sortir de la pauvreté ? Mais maintenant, d’où viendrait l’électricité? Évitons donc de nous embrouiller avec des préoccupations créés de toutes pièces par les ennemis de notre progrès. Le barrage d’Inga sera pour le Congo ce que le pétrole a été pour les pays Arabes. Vous n’avez qu’ à visiter Dubaï pour vous en convaincre. Il nous faudra juste bien gérer la maintenance et les dividendes financières qui découleront de cette entreprise.

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