Les dessins d’Edizon Musavuli ou l’art de faire ressortir de la noirceur du crayon, l’éclat d’une société

Ses dessins, plus connus que lui, ont tout d’abord parcouru les rues de quartiers de Butembo et Goma, les ville qui l’ont vu grandir, oubliant de faire éclater son visage à Mbingi (petit village du territoire de Lubero, en province du Nord-Kivu, où il est né). Edizon Musavuli s’est révélé au grand public congolais par les caricatures qu’il signe dans les médias congolais, plus régulièrement sur la plate-forme Habari RDC.

Influencé, mais pas sur le chemin de son père 

Rebelle face à la sculpture, art qui a rendu célèbre Sauveur Mulwan (son père et auteur de plus célèbres œuvres de la sculpture érigées dans les villes de Butembo et Beni dans la partie orientale de la RDC), Edizon Musavuli témoigne que l’art de son père a orienté ses choix pour l’art, mais pas influencé son genre, qu’il trouve éloigné de celui que pratique son géniteur.

À demi-mot, il indique avoir touché à l’art de son père. “J’ai fait rarement de sculpture et je n’en fais presque plus” avoue-t-il.

Table remplie de carnets, des lattes, des crayons, de taille-crayons, de papiers, de gommes et d’autres outils embrouillant ce bureau, un homme calme, un peu recourbé hausse la tête, sourire mi-exposé, s’approche vers nous en vue de répondre à nos questions.

“Les inspirations me viennent n’importe quand et n’importe où. Des fois, durant le sommeil, je me lève pour faire un croquis. Sur internet ou dans la rue, j’aperçois des personnes qui ouvrent mon esprit à la création d’une idée qui ferait un dessin ou un tableau” explique-t-il avant d’ajouter: “lorsqu’une inspiration me vient en esprit alors que je suis dans un endroit bondé, je la garde en tête jusqu’au moment où je la mettrai sur papier” détaille l’ancien étudiant de l’Africa Digital Media Institute de Nairobi.

Remise d’une série des tableaux des portraits à l’ex chef de l’Etat congolais Joseph Kabila (illustrant sa jeunesse jusqu’a sa vieillesse) par Sauveur Mulwana, père d’Edizon Musavuli.

Une main et un crayon pour peintre la société 

Pour Edizon Musavuli, son art est figuratif. “Plus souvent, je fais référence à des portraits, à des visages expressifs. Je tire mon inspiration de la société actuelle, de ce que je vois autour de moi. Mon art est généralement basé sur la beauté africaine. J’essaie de la traduire à travers mes dessins. J’essaie de montrer ce qu’est la culture africaine par ses tatouages, ses scarifications… C’est cette beauté très naturelle sur laquelle je me focalise dans mes expositions” détaille-t-il avec un visage très administratif pour certains de ses tableaux placardés sur le mur.

Gagnant début 2019 du concours de design de l’ONG Virunga Sarl à travers ses entités Virunga Énergies et Virunga Développement, Edizon Musavuli est l’un des gagnants de la finale du concours “Écoutez mon plaidoyer” organisé par l’ONG international Oxfam à travers sa production “Colorons leur monde”.

Un plaidoyer pour la valorisation de la culture congolaise

À travers cette production multimédia, l’artiste espère un Congo dans lequel les citoyens cesseront d’être destructeurs de l’avenir de la jeune fille et deviendront des artistes qui colorent l’univers de cet être humain, marginalisé par la violation de ses droits par les personnes appelées à être leurs parapluies.

Face à la crise culturelle que traverse la République Démocratique du Congo, victime du manque d’exposition de sa culture, Edizon Musavuli plaide pour la valorisation d’œuvres d’art locales et la promotion culturelle dans la société.

L’artiste ne veut pas par contre se plaindre mais garde espoir que la tendance pourra s’inverser et les artistes congolais pourront vivre de leurs talents qu’ils ne cessent d’améliorer malgré les mauvaises conditions dans lesquelles ils travaillent.

Edizon Musavuli, génie et perfectionniste depuis l’enfance

Ushindi Kavakwa, connaît Edizon Musavuli depuis bientôt une dizaine d’années et aime regarder en primeur ses œuvres avant que ces dernières ne soient exposées au grand public. “Edizon Musavuli c’est le genre de personnes qui ont un sens du détails. Je le connais depuis qu’il a 16 ans. Edizon veut que tout soit parfait. Il est ce genre de personnes qui refont une maison juste pour un détail. En voyant Edizon, on peut s’apercevoir qu’il n’a rien d’extraordinaire. En regardant son œuvre et que vous lui exprimez votre admiration pour le travail accompli, il vous répond que cette oeuvre n’est pas encore parfaite” relate cet économiste licencié de l’université catholique du Graben.

Fiston Mahamba/POLITICO.CD

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