Dans une intervention à la presse, l’Envoyé spécial du président américain Donald Trump pour la région des Grands Lacs affirme que les Etats-Unis ne devraient pas lever les sanctions infligées aux personnalités politiques proches du président Joseph Kabila, contrairement au souhait du président Félix Tshisekedi.

Les sanctions sont [là] pour aider le peuple congolais qui a exprimé une volonté pour le changement. Les sanctionnés sont des personnes qui ont commis des violations des droits humains, qui sont impliquées dans la corruption ou qui ont commis de l’ingérence dans le processus électorale. C’est ne pas le passé, ni pour le gouvernement actuel”, a expliqué Peter J. Pharm, qui venait d’être reçu par le président Félix Tshisekedi à Washington.

Pour autant, le président congolais Félix Tshisekedi s’était exprimé à ce sujet sur les antennes de TV5 Monde, appelant l’Union Européenne à lever ses sanctions. “Les sanctions s’expliquaient car la situation politique n’évoluait pas. Puis, il y a eu des élections [le 30 décembre 2018] qui se sont tenues d’une manière pacifique comme jamais la RDC n’en a connu dans son histoire récente. La situation a favorablement évolué “, avait-il expliqué.

La demande du président congolais ne s’appliquait toutefois pas à ceux qui ont été sanctionnés pour les violations des droits de l’homme. “Si des personnalités ont été sanctionnées pour violations des droits de l’homme, je ne les défends pas. Moi-même, d’entrée de jeu, j’ai été clair : la question des droits de l’homme, c’est ma  priorité. J’ai libéré les prisonniers politiques, permis le retour d’exilés politiques, et humanisé les services de répression comme l’Agence nationale de renseignement (ANR)”, avait-il précisé.

De son côté, Peter Pham explique que certaines sanctions ont été justement prises sur des questions des droits de l’homme. “Nos sanctions ne sont pas liées aux élections ou aux résultats des élections. Nos sanctions sont liées aux violations des droits humains, à la corruption et à la violation du processus électoral, bien avant les élections du 30 décembre 2018“, dit-il.

Corneille Nangaa, président de la Céni (Commission électorale nationale indépendante), son vice-président Norbert Basengezi et le Conseiller de la même institution, Marcellin Mukolo Basengezi, sont visés par de nouvelles sanctions américaines. Selon le Trésor américain, les trois personnalités sont accusées d’avoir “sapé le processus (électoral) ou les institutions démocratiques en RDC”.

Le 22 février, les Etats-Unis avaient déjà annoncé une première vague concernant entre autres des dirigeants de la Céni dont MM. Nanga, Basengezi et Mukolo, mais aussi le président de la Cour constitutionnelle. Ces personnalités font aujourd’hui partie d’une même coalition politique avec Félix Tshisekedi