C’est fut la première sérieuse bataille entre Félix Tshisekedi et son allié Joseph Kabila. Le président congolais en faisait d’ailleurs allusion lors de son déplacement à Luanda: “ces sept mois nous ont permis de nous connaître”, disait-il. Car en effet, derrière les longues négociations qui ont retardé, jusqu’au bout, la publication de ce gouvernement tant attendu, il était d’abord question d’un bras de fer.

D’un côté, Félix Tshisekedi, sans majorité parlementaire, essayant de garder le contrôle. De l’autre, Joseph Kabila qui a perdu la présidence, mais veut aussi garder main mise. Les deux sont néanmoins obligés de coaliser. Impopulaire, avec des députés contestés et une famille politique vacillante, Kabila a besoin de Félix Tshisekedi pour garder la rue qui le menace sous contrôle. De son côté, Tshisekedi qui est en réalité novice à la tête de l’Etat, doit tout son pouvoir à Kabila. Les deux chambres du Parlement étant sous le contrôle de ce dernier, le mandat du fils de Tshisekedi risque d’être cauchemardesque en cas d’affrontement.

Débute ainsi un amour vache. Des visites, des sourires devant les caméras, mais derrière, un vrais bras de fer. Ce combat, sans doute pour se connaître, n’est pour autant pas profitable aux deux. Le retard lié à la publication du gouvernement amoindri les chance de Félix Tshisekedi de réussir, alors que le temps lui est compté. Quant à Kabila, être à la base du blocage, dans un pays qui a juré de le chasser du pouvoir, ne serait pas une bonne chose.

Dos au mur, chacun fait des concessions. Félix Tshisekedi, qui rafle toutefois la mise, se voit obliger de retirer ses candidats de poids, dont François Muamba, son bras droit et Tryphon Kin-kiey, qui lui propose une vraie alternative à l’ouest du pays. Les deux ont le malheur d’avoir trahi le leader du FCC. De son côté, Kabila retire Moïse Ekanga et même Kalev Mutond, trop sulfureux. Des ministères dit “régaliens” reviennent à Félix Tshisekedi, alors que certains ministères stratégiques comme les mines où la défense restent chez Kabila.

Le nouveau gouvernement constitué doit cependant passer un baptême de feu à l’Assemblée nationale où, des mécontents ne manquent pas. Modeste Bahati qui a montré sa grande force à l’élection du bureau du Sénat, n’a eu aucun poste. Et même s’il prend acte du gouvernement publié, la majorité FCC-CACH n’est pas à l’abri d’une surprise à l’Assemblée nationale.

Par ailleurs, Kabila n’a envoyé aucun de ses poids lourds au gouvernement. Tous sont restés dehors et gardent leur pouvoir d’influence intact sur la scène politique congolaise. Ce gouvernement devrait vivre sous bonbonnes , en attendant le prochain remaniement.

1 comment

  1. Entre ces deux peronnages, notamment Kanachien et Tshilombo, qui a plus besoin de l’autre? Celui qui nécessite l’autre pour sa propre survive reste le faible.D’où j vois rien à craindre,kanachien a deja perdu le pouvoir et cela pour toujours…,quoi qu’il fasse.

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