Beaucoup auraient pu lui prêter un sursaut d’orgueil. En juillet dernier, Modeste Bahati Lukwebo, grand cadre de la coalition du FCC, décide de défier Joseph Kabila, son autorité morale, en briguant le poste du président du Sénat. La toile s’en flamme. C’est peut-être un nouveau “Katumbi”. Tous au Congo gardent en effet les souvenirs du départ tonitruant de l’ancien gouverneur du Katanga, devant l’un des farouches opposants à Joseph Kabila.

La guerre qui éclatera, confirmera, dans un premier temps, cette tendance. Modeste Bahati fustige le manque de démocratie au sein de la coalition de Joseph Kabila. Les choix, expliquera-t-il, ne sont pas faits selon les poids politiques. Le fait est qu’avec une vingtaine de sénateurs et une quarantaine de députés nationaux, l’ancien ministre de l’Economie est une des principales forces du FCC. Mais il est tout de suite viré de la coalition. Son groupe est dédoublé. Son camp monte au créneau. “Il ne militait pas seulement pour ses intérêts. On lui avait déjà rassuré qu’il prendra la vice-Primature du Transport. Mais il a maintenu sa candidature pour dénoncer la dictature au sein du FCC‘”, confiera un de ses proches.

Cependant, contrairement aux apparences, Bahati ne se bat pas réellement pour les populations. Le ton sera connu à l’issue de sa défaite honorable face à Alexis Thambwe. Dès le lendemain, il se montre, revendiquant publiquement sa part dans le gouvernement Ilunkamba. Des démarches sont entreprises dans les coulisses pour une “réconciliation” avec son autorité morale. “Le plus étrange est que Bahati sait qu’il s’agit d’un gouvernement de coalition. Le FCC et le CACH composent le gouvernement. Lui n’y étant plus, par quelle magie va-t-il avoir des postes“, interroge un cadre proche de Kabila.

Le peuple déchante. Car non content d’obtenir gain de cause, Bahati annonce des marches. Ses partisans sont d’abord appelés à marcher le week-end dernier, avant de réitérer la même opération ce jeudi. A Bukavu, les autorités, qui ricanent de l’initiative, refusent d’autoriser la marche. Pareil pour Kinshasa.

L’opinion publique reste également choquée. Jamais dans ce pays, un homme politique n’a pas ouvertement revendiqué sa part du gâteau.

3 comments

  1. Décidément, l’auteur de cet article défend la Kabilie décadente. C’est un mouvancier. L’AFDC-A qui est de la majorité parlementaire, a droit à 5 postes dans le gouvernement. Et elle les aura. Sinon, le gouvernement éléphantesque ne sortira pas. Il n’ y a pas 2 ailes d’AFDC-A.

  2. M. Bahati est le prototype de politicien congolais. Heureusement ils ne sont pas tous pareils. Bahati est prêt à vanter les qualités d’un maître dictateur quand il est à la soupe. Dès que ses intérêts égoïstes sont en cause, il devient opposant.
    Décidemment être opposant n’est pas donné à tout le monde. Que Bahati se mette à l’école du Héros national Étienne Tshisekedi avec qu’il a travaillé lors de la CNS.

  3. Depuis que j’ai 15ans et aujourd’hui 39ans,je vois lukwebo au pouvoir,sa politique consiste à s’enrichir avec sa famille biologique, dans son village il n’y a pas des route,ni du courant, aucune école maternelle,ni hôpital qui porte son nom.Nous c’est le peuple d’abord

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