Le premier gouvernement de l’ère Félix Tshisekedi est au coeur de tous les enjeux en République démocratique du Congo. Alors que les deux principales coalitions, celle de Joseph Kabila et celle de l’actuel Chef de l’Etat congolais ont fini par trouvé un accord autour de sa composition, de part et d’autres, des groupes se battent pour avoir leur part du gâteau.

65 membres. C’est le nombre connu à ce jour de ce gouvernement tant attendu. Huit mois après son arrivée au pouvoir, Félix Tshisekedi, qui n’a pas de majorité parlementaire, a été obligé de composer avec la coalition du Front Commun pour le Congo (FCC). Mais il faut à présent identifier les personnes qui vont occuper les 65 postes, dont une quarantaine de ministères.

De part et d’autres, les gesticulations commencent. Au FCC, la situation est étrangement calme. Des sources confirment que les consultations se poursuivent. Tandis qu’au CACH (Cap pour le Changement, coalition de Félix Tshisekedi: NDLR), les tractations connaissent un véritable bras de fer.

Dimanche dernier à Kinshasa, c’est Tryphon Kin-kiey Mulumba, ancien farouche Kabiliste jusque novembre dernier, qui est monté au créneau pour réclamer sa part. “Malgré diffamations, intimidations, menaces d’exil et de mort, seules des convictions profondes ancrées dans une vision de sauver la Nation, l’ont déterminé, fait maintenir et réaffirmer le cap Fatshi sur lequel très peu au sein de la classe politique au Congo et ailleurs ne pariait gros après le clash de Genève, ignorant les réalités de ce pays immense, convictions défendues déjà, en temps et en heure, au sein des réunions du Bureau Politique de l’ex-Majorité Présidentielle” , ecrivent ses partisans dans un communiqué.

Entre-temps, le Rassemblement des Démocrates Tshisekedistes monte au créneau de son côté et se réclame comme étant une troisième force au sein du CACH après l’UDPS et l’UNC. Elle veut des postes correspondants à son poids politique, soit au moins 8 députés provinciaux, 1 sénateur, deux ministres, etc.

Nous nous battons pour qu’au moment du partage au niveau des institutions de la République, le RDT soit suffisamment représenté. Cela est un combat d’équité, de moralité et de bon sens“, explique l’avocat Sylvain Mutombo dans un message.

Entre l’UNC, de Vital Kamerhe, et l’UDPS de Félix Tshisekedi, l’heure n’est non plus à l’accalmie. Le parti du Directeur de cabinet du Chef de l’Etat réclame une part trop grande, rapportent plusieurs sources. De quoi frustrer l’UDPS. Mais du côté de Kamerhe, on se base sur l’accord de Nairobi, conclu l’année dernière et qui faisait de Vital Kamerhe le colistier de Félix Tshisekedi, pour obtenir gain de cause.

Selon des sources concordantes, le gouvernement devrait être publié vers le 15 août. Mais à l’allure vont les tractations, rien n’est sûr. Rien n’est également sûr que certaines alliances tiennent longtemps.

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