Raphaël Kibuka, l’avocat d’affaire qui veut transformer Kinshasa

Né à l’Hôpital générale de Référence de Kinshasa (ex-Maman Yemo) avant de devenir le symbole de réussite dans les communes populaires de l’Est de Kinshasa, Raphaël Kibuka kia Kekese a été brillamment élu à la députation nationale dans la capitale congolaise le 30 décembre dernier. Mais aujourd’hui, son rêve s’étend. Il veut à présent diriger « la ville de ses rêves », Kinshasa.

Lundi, sous un soleil accablant en plein centre-ville d’une capitale congolaise encore euphorique de la toute première transition pacifique à la tête de l’Etat, un homme pose symboliquement, à travers ses délégués au bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), l’acte de candidature pour l’élection du gouverneur de Kinshasa. C’est un avocat d’affaire. Il se présente comme « candidat indépendant », lui qui n’est autre que le 4ème meilleur élu de la ville aux dernières législatives.

« J’ai grandi dans les rue de cette ville. Des milliers des Kinois m’ont apporté leurs voix le 30 décembre.  Nous avons tous vu comment Kinshasa s’est détériorée ces dernières années, délaissée par son gouvernorat. Loin d’être une question politique, c’est d’abord une question de vision et de conscience », explique-t-il à POLITICO.CD.

La vision, Raphaël Kibuka en a.  Il veut « faire autrement maintenant », dans cette ville qui porte encore des énormes cicatrices d’une gestion en dent de scie de l’actuel gouverneur sortant, André Kimbuta. En effet, élu en 2006, ce cadre de l’ancien pouvoir a régné durant plus de 12 ans, alors que la capitale perdait petit à petit tous ces acquis datant. « Le pays a vécu une alternance historique, démocratique et pacifique, il est maintenant temps que Kinshasa aussi connaisse cette réalité. Notre ville en a besoin », dit M. Kibuka.

Mais jeu politique est intense. Dans une ville dominée par l’opposition, cet élu du Mouvement de Libération du Congo (MLC) a préféré se présenter en indépendant, sans doute qu’il a en encore en mémoire la défaite de son parti en 2011. « Le poste de gouverneur de Kinshasa va au-delà des partis. Raison pour laquelle je me suis présenté en indépendant. Je pense que chaque camp sait ce qui est arrivé à cette ville et qu’il est possible d’élire quelqu’un de qualité à sa tête en transcendant les clivages », explique-t-il.

Raphaël Kibuka pense donc être l’homme de la situation. Formé par les jésuites au Collège BOBOTO et au Petit séminaire de Katende de Bandundu, il est par ailleurs membre de l’APK (Anciens du Petit séminaire de Katende) et de l’ACB (Anciens du Collège Boboto).  Avocat depuis près de 15 ans, il a le konois dans le sang, contrastant avec son côté certes raffiné.  « Nous allons faire les choses différemment pour Kinshasa. Dans quelques jours, je présenterai mon programme et ma vision pour notre capitale. Et je reste confiant quant aux choix de nos députés », conclut-il.

 

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