Le président Félix Tshisekedi a décidé ce vendredi de suspendre un décret faisant suite à un accord conclu entre le gouvernement et une société privée dans le domaine des télécommunications en RDC. Cet accord allait entraîner une hausse de 30 à 60% des prix pour les consommateurs congolais.

C’est le ministre Henri Mova Sakanyi qui a annoncé cette décision à l’issue d’une réunion inter-institutionnelle ce vendredi à la cité de l’Union Africaine autour du nouveau président congolais. Plusieurs d’autres décisions significatives ont été prises.

En janvier 2017, la société African General Investment Limited (AGI) a signé étrangement un contrat “de gré à gré” avec le ministre des Postes, télécommunications et NTIC, Emery Okundji, portant sur “la lutte contre la fraude dans les télécommunications.” Selon un document consulté par POLITICO.CD, un avenant attaché à ce contrat prévoit que la firme “gagne 1,15 cents sur chaque minute d’appel, 1 cent par sms et 5% sur le volume des datas de tous les opérateurs“. Le contrat, conclu sur base de dix ans, rapporterait donc à l’AGI pas moins de 30 millions US par mois, soit 3,6 milliards par an.

Un décret sera signé par le Premier ministre Bruno Tshibala  depuis 11 décembre dernier fixant deux nouvelles taxes sur le contrôle des flux téléphoniques en RDC.  Ces nouvelles taxes, dénoncées notamment du côté des opérateurs de téléphonie mobile en RDC, allaient impliquer une augmentation immédiate de 30 à 60% des appels, des sms et de l’Internet.

Plusieurs pétitions ont été organisées notamment sur internet pour dénoncer cette mesure.