Joseph Kabila va-t-il subir le même sort qu’Eduardo Dos Santos en Angola? Même si la situation reste largement différence, surtout qu’il est trop tôt pour le confirmer  avec certitude, le nouveau président de la RDC tente rapidement de s’affranchir de son prédécesseur qui pensait visiblement continuer à garder la main mise sur le pouvoir.

Bien avant sa prestation de serment, Félix Tshisekedi a vu Modeste Bahati, un cadre de la coalition de Kabila,  venir offrir ses services à son bras droit, Vital Kamerhe. “Il était question de voir dans quelle mesure établir une majorité pour faire de Vital Kamerhe Premier ministre”, explique une source. Mais très vite, Joseph Kabila apprend la manoeuvre et étouffe la tentative. Un nouvel accord est signé, explique toujours la même source. “Il est stipulé qu’aucun camp ne devrait débauché des députés de l’autre“, explique-t-elle.

Des décisions courageuses

Dans la foulée, Vital Kamerhe est rapidement nommé Directeur de cabinet de Félix Tshisekedi au lendemain de sa prestation de serment. Si la menace Kamerhe est neutralisée, Bahati continue néanmoins de s’agiter. Dans la presse, une lettre fait mystérieusement surface. Elle est signée par le ministre congolais et fait clairement mention de partage des postes.

Par ailleurs, Félix Tshisekedi a rapidement montré des signaux d’indépendance. Dès son installation, il fait signer par Vital Kamerhe un communiqué suspendant les recrutements et les mises en place au sein de sociétés et institutions publiques, bloquant également les dépenses sans son autorisation.

Une situation étrange quand on sait qu’avant son départ, Joseph Kabila a procédé à plusieurs mise en place de dernière minute. Par ailleurs, la mesure du président Tshisekedi a obligé le puissant ministre des mines, Martin Kabwelulu, à suspendre des nominations qu’il avait lui-même opéré.

En outre, Félix Tshisekedi n’a pas hésité à suspendre Michel Kirumba, directeur général de la société publique de transports, Transco. Ce dernier est un proche de l’ancien Premier ministre Augustin Matata, mais également un proche de l’ex-président Joseph Kabila.

Par des décisions rapides, Félix Tshisekedi envoie subtilement des messages assez clairs, qu’il ne serait pas là pour se laisser faire par l’ancien système. Au chapitre de la formation du futur gouvernement, le nouveau président n’hésite pas à envisager sa propre majorité parlementaire au détriment de celle de Joseph Kabila.