Peu importe qu’elle soit contestée, peu importe qu’elle soit loin d’être véritablement démocratique comme l’estime une grande partie de la Communauté internationale et même des Congolais. L’élection Félix Tshisekedi est désormais une réalité. Ce jeudi à Kinshasa, le Président élu et Joseph Kabila ont rendez-vous avec l’histoire.

Au pouvoir depuis le vendredi 26 janvier 2001, Joseph Kabila a succédé à son père assassiné quelques jours avant, dans un processus loin d’être démocratique. Laurent-Désiré Kabila avait lui-même succédé à Joseph-Désiré Mobutu en 1997 à la suite d’un renversement militaire. Mobutu était à son tour arrivé au pouvoir à l’issue d’un coup d’Etat militaire en 1965.  La RDC, pays aux dimensions continentales au coeur de l’Afrique, n’a donc jamais connu un transfert pacifique du pouvoir.

Pour autant, Kabila qui a toujours clamé sa volonté de respecter la Constitution est accusé de maintenir le pouvoir. Plusieurs sources affirment qu’il aurait alors signé un accord avec Félix Tshisekedi, principal leader de l’opposition, qui l’a emporté face à Martin Fayulu. Mais ce dernier et ses partisans contestent toujours la victoire de son adversaire.

Mais le symbole est immense au Congo. Félix Tshisekedi est le fils du leader historique de l’opposition congolais, Etienne Tshisekedi, qui est à la base de la lutte démocratique en RDC. A ce titre, la passation de pouvoir entre le leader de l’UDPS et Joseph Kabila symbolise un tournant décisif en RDC.

Par ailleurs, en quittant pacifiquement le pouvoir, Joseph Kabila sera dans la rues de Kinshasa. Il sera donc le premier ex-Président à vivre en toute liberté dans le pays, protégé par un rapprochement avec Tshisekedi, mais également par une loi votée l’année dernière au Parlement, lui accordant un statut spécial d’ancien Chef d’Etat.

Quoi qu’il arrive jeudi à Kinshasa, Joseph Kabila et Félix Tshisekedi entrent officiellement dans l’histoire et ouvre une nouvelle page en RDC.