Henri Mova ou Albert Yuma à la Primature: bonjour la continuité!

Le départ physique de Joseph Kabila ne devrait finalement pas incarner la fin de son système. Alors que Félix Tshisekedi, tout nouveau président élu, se dispute encore la victoire avec l’opposant Martin Fuyulu, la coalition au pouvoir s’est taillée la majorité absolue aux législative, avec pas moins de 350 députés nationaux.

A ce titre, le Front Commun pour le Congo (FCC) revendique logiquement la Primature. Mais les hommes qui se proposent à se poste risquent de faire déchanter ceux qui soutiennent le changement avec l’arrivée de Félix Tshisekedi.  En effet, selon nos informations, Henri Mova Sakanyi, actuel vice-premier Ministre et ministre de l’Intérieur tente fortement de s’imposer. Il est challengé par l’autre homme clé du système Kabila, Albert Yuma, patron des patrons congolais et roi des mines du pays.

Comme le très éloquent porte-parole du gouvernement Lambert Mende, Albert Yuma, 63 ans, est autant farouche soutien à Kabila. Dans la capitale minière Lubumbashi, Yuma règne sur le siège flambant neuf de la Générale des carrières et des mines (Gécamines), le fleuron minier national 100% public qu’il tente de redresser. A Kinshasa, le patron de la Gécamines dirige le syndicat patronal Fédération des entreprises congolaises (FEC). Une casquette qui lui a permis de critiquer la politique d’un ancien Premier ministre, Augustin Matata Ponyo (2012-2016).

Albert Yuma Mulimbi est né en 1955 dans le Katanga, le fief du président et de ses proches. “Citizen Yuma” a fait carrière et fortune dans un groupe textile belge reconverti dans l’immobilier à Kinshasa, Texaf. Avec un associé belge, Yuma “détient 5% du capital, représentant une fortune d’environ 8 millions d’euros”, avançait l’hebdomadaire Jeune Afrique en 2015.

Lorsque Joseph Kabila amorce le changement du code minier, il est le fer de lance du président congolais contre les multinationales. Durant la campagne électorale, il reçoit plein pouvoir pour un lobbying couteux en faveur du président sortant à Washington. Son arrivée à la Primature devrait incarner sans conteste la continuité du régime, en plus du fait d’étendre l’affairisme qui a régné à la tête du pays depuis l’arrivée de Joseph Kabila.

De son côté, Henri Mova est l’ombre même de Kabila. N°3 du gouvernement actuel, à la charge même de ces élections contestées, il était avant cet épisode au ministre des Transport et des voies de communication, avant de prendre le portefeuille de l’Information, pour ensuite être nommé ambassadeur de la RDC auprès du royaume de Belgique. Mova Sakanyi était à la tête du PPRD avant son arrivée au gouvernement l’année dernière où il a remplacé un certain… Emmanuel Ramzani Shadary. Au PPRD, il disait sa volonté d’amener le parti présidentiel de conserver le pouvoir à l’issue des élections.

L’élection de Félix Tshisekedi est fortement contestée. Plusieurs sources affirment qu’il a bel et bien conclu un accord avec Joseph Kabila avant d’être proclamé vainqueur. Cependant, le fils d’Etienne Tshisekedi est appelé à incarner la rupture avec l’ancien système, alors que le monde entier et les Congolais l’attendent au tournant. A ce titre, le visage qui sera à la Primature jouera fortement à envoyer un signal fort.

Par ailleurs, avec un président caractériel comme Tshisekedi et un Joseph Kabila toujours dans les parages, nos deux candidats constituent des blocages naturels à une cohabitation déjà difficile. Les deux candidats manifestent naturellement très peu de respect au nouvel élu et leur collaboration risque d’être problématique.

Engbaka Gaston.

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