Dans un communiqué le 18 janvier, le Républicain Mike McCaul du Texas [au sud], membre du Comité des Affaires étrangères à la Chambre des Représentants des Etats-Unis, hausse le ton vis-à-vis de Kabila, dénonçant les résultats officiels des élections du 30 décembre.

«Après dix-huit ans de régime Kabila, la République démocratique du Congo a eu une occasion historique de donner la parole à son peuple en organisant des élections libres et équitables. Des millions de Congolais se sont bravement rendus aux urnes pour voter, au milieu de longues files, d’intimidations et de violences. Malheureusement, le décompte des votes frauduleux ne démontre pas la volonté du peuple,” dit-il dans ce communiqué traduit de l’anglais par POLITICO.CD.

Mike McCaul “salue” par ailleurs l’appel de l’Union africaine “à la transparence et à la crédibilité des résultats des élections”  “Il est impératif que les États-Unis et le reste du monde se tiennent aux côtés du peuple congolais pour exiger un décompte des voix, et j’exhorte le Secrétaire Pompeo à participer pleinement à ce moment crucial. Tous les individus qui entravent ce processus démocratique doivent être tenus pour responsables“, met-il en garde.

Depuis la tenue des élections, Washington se montre particulièrement pressant à l’endroit des autorités congolaises. Dans un communiqué publié ce jeudi 3 janvier, les Etats-Unis ont déjà officiellement appelé la Commission électorale  publié “les résultats exacts” des élections du 30 décembre.  Washington a également annoncé l’envoie de ses troupes au Gabon, prêtes à intervenir en RDC en cas de violences, pour protéger ses interêts.

Michael Pompeo, Secrétaire d’Etat américain est également mis sous pression par le Congrès. Dans une lettre qui lui a été directement adressée en date du 15 janvier,  le Représentant Eliot L. Engel exige “des explications détaillées” sur les mesures mises en place par son collègue pour soutenir la démocratique en RDC.

L’opposant Félix Tshisekedi a été déclaré victorieux de la Présidentielle historique du 30 décembre en RDC. Selon les résultats provisoires publiés le 10 janvier par la Commission électorale, Tshisekedi a remporté la Présidentielle avec 38,57%. Il devance Martin Fayulu qui a recueilli 6.366.732, soit 34,83% et d’Emmanuel Shadary, le candidat du pouvoir, qui n’a recueilli que 4.357.359 soit 23,84%.

Mais Fayulu, un des favoris de ces élections, conteste ces résultats. Le candidat de la coalition LAMUKA a saisi la Cour Constitutionnelle pour faire annuler la victoire de son rival. Dans sa requête, Martin Fayulu demande le recomptage des voix. Il peut compter sur le soutien de l’Union Africaine qui a publié un communiqué jeudi dénonçant ces résultats officiels, et appelant la Cour à suspendre son verdict le temps qu’une forte délégation arrive dans la capitale congolaise.

Adoptant une position réservée, le Département d’Etat américain a néanmoins appelé mercredi la Cour Constitutionnelle à “mettre en œuvre un processus légal, juste et transparent”, affirmant se “tenir”aux côtés du peuple de la RDC. A l’endroit de la CENI, le Département d’Etat appelle à “à veiller à ce que les résultats déclarés finaux reflètent la volonté du peuple congolais, exprimée dans l’urne le 30 décembre 2018″