Joseph Kabila a reçu le 4 janvier 2019 une délégation des évêques catholiques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENI) à Kinshasa, sans que rien n’ai filtré au sujet de leur échange.  Des sources ecclésiastiques ont affirmé que les prêtres ont communiqué le nom du gagnant qu’il détiendrait à Joseph Kabila. Une information démentie du côté du président congolais et même de l’Abbé Donatien Nshole, Secrétaire général de la CENCO.

Dans une interview publiée dimanche à Jeune Afrique, Joseph Kabila a lui-même livré le contenu de cette rencontre. “Quand j’ai reçu ici même les dirigeants de la Cenco [Conférence épiscopale nationale du Congo], je leur ai dit : « L’Église doit être au milieu du village. Vous, vous voulez brûler le village. Pensez-vous que l’Église en sortira indemne ? »“, a révélé le président congolais sortant.

La CENCO a créé une vive polémique en annonçant, dès le lendemain des élections du 30 décembre, détenir le nom du vainqueur, se basant sur ses propres chiffres, provoquant la colère du pouvoir. Les évêques catholiques, farouchement opposés au régime de Kabila, ont également contesté les résultats provisoires publiés par la Commission électorale et annonçant la victoire de l’opposant Félix Tshisekedi à la Président.

 

De son côté, Kabila appelle les Catholiques à rester à leur place. “Je suis chrétien. Ni catholique, ni protestant, ni évangélique et tout cela à la fois. Un chrétien qui pense qu’il faut rendre à Dieu et à César ce qui leur appartient”, a-t-il confié à Jeune Afrique.