La tension monte en RDC. Le pays attend impatiemment la publication des résultats des élections tendues et historiques du dimanche 30 décembre. Cependant, prévus initialement au 6 janvier, ces résultats risquent de ne pas intervenir avant un moment. Officiellement, la Commission électorale a du mal à tout collecter. Selon des sources concordantes, seulement une vingtaine de pour cent est arrivée à bon port.

Mais la réalité pourrait être autre. En effet, au même moment, la situation devient de plus en plus délicate pour le président de la Commission électorale, Corneille Nangaa. Déjà mercredi, les missions d’observation de l’Union Africaine et celle de la SADC ont placé la CENI devant ses responsabilités en l’appelant à « publier des résultats qui reflètent réellement la volonté du peuple congolais ».

Une étrange rencontre autour de l’UA au Kempinski

Dans la même soirée, une rencontre a été convoquée en urgence avec les principaux protagonistes. En filigrane, Kinshasa et Nangaa ont tenté d’obtenir des candidats, surtout de l’opposition, qu’ils acceptent les résultats qui seront publiés sans contestations. Mais la rencontre a échoué, même si Félix Tshisekedi et Martin Fayulu, deux principaux opposants en lice à cette Présidentielle, ont verbalement promis de s’y conformer.

Nous lançons un appel au calme, mais le calme ne peut être maintenu que si de l’autre côté, les choses faites conformément à la vérité des urnes“, a lancé cependant Vital Kamerhe, directeur de cabinet de Félix Tshisekedi à l’issue de cette rencontre, avant d’ajouter : “le président de la CENI a rassuré tout le monde qu’il va faire respecter la vérité des urnes, attendons voir, nous faisons le Saint-Thomas.»

Comme lui, Martin Fayulu est également allé dans le même sens. “La rencontre a tourné autour du fait que la CENI doit s’apprêter à publier la vérité des unes. Monsieur Nangaa a écouté comme tout le monde et nous espérons qu’il va vraiment le faire »

La CENCO a les résultats, les USA menacent

Jeudi, les catholiques ont accentué la pression sur la CENI. Dans une conférence de presse à Kinshasa, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) affirme connaître le vainqueur des élections, se basant des résultats collectés par ses observateurs. L’abbé Donatien Nshole, Secrétaire général de cette organisation des prêtres catholiques congolais, a appelé la CENI à « publier les vrais résultats ».

 Dans la soirée, c’est les Etats-Unis qui ont haussé le ton. Dans un communiqué, Washington appelle à son tour à la CENI à publier des « résultats exacts », menaçant ceux qui portaient entrave au processus démocratique en RDC.

Acculé, Nangaa tente visiblement de gagner du temps. En effet, depuis le début de l’année, le président de la CENI affirme ouvertement qu’avec les machines à voter, les résultats des élections arriveraient plus vite que prévu. « Si on vote le 23 décembre, nous aurons les résultats dès le soir de Noël », lançait-t-il devant la presse étrangère le 7 décembre dans son bureau de Kinshasa.

Nangaa gèle-t-il les résultats?

Mais aujourd’hui, cinq jours après ces élections initialement reportées au 30 décembre, il n’a plus la même précipitation. Au contraire, les résultats se font attendre.  « Nous ne dormons pas. Nous faisons de notre mieux pour qu’on publie les résultats 6 janvier, Mais si on n’y arrive pas, à l’impossible nul n’est tenu », a-t-il à nos confrères de l’AFP.

Il estime cependant que l’envoie des résultats via la machine à voter aurait pu être plus rapide. « On pensait qu’on pouvait transmettre les résultats à partir de la machine à voter pour nous aider à publier rapidement les résultats, personne n’avait voulu cette procédure », dit-il.

Durant les élections de 2011 pourtant, les élections ont eu lieu sans machines à voter le 28 novembre et la CENI, dirigée à l’époque par le pasteur Ngoy Mulunda,  avait commencé  à publier les résultats provisoires dès le 9 décembre 2011, pour avoir les résultats définitifs le 18 décembre de la même année.