L’avenue des Huileries qui joint la commune de Kasa-vubu au centre-ville de Kinshasa était noir de véhicules ce matin. Les embouteillages habituels sont au rendez-vous. Ceci est encore plus accentué en cette période de fin d’année où plusieurs vont vers le marché central de Kinshasa pour s’approvisionner.

Pour autant, jeudi devant des journalistes, l’une de des principales coalitions d’opposition a appelé à une journée ville morte ce vendredi pour protester contre le report des élections à Beni, Butembo et Yumbi, des territoires qui sont des bastions de l’opposition et qui ne voteront pas le prochain président de la République, ainsi en a décidé la Commission électorale.

Dans les rues de Kinshasa, peu se sentent concernés par cet appel. “Nous attendons les élections le dimanche. Même si rien n’est certain. Mais le reste c’est de la distraction“, explique Rodrigue, un chauffeur taxi. D’autres sont encore moins intéressés par la politique et craignent plutôt des violence. “Là je vais au marché trouver un peu de provision, on ne sait pas ce qui arrivera après le 30. On voit déjà des militaires et des policiers être déployés, ça craint“, lance une dame près de l’hôpital général de Référence de Kinshasa, à quelques centaine de mètres du marché central.

Peu de responsables politique se sont exprimés depuis le matin. Du côté du pouvoir, on félicité “l’attitude” de la population Kinoise. La coalition au pouvoir a en effet soutenu comme d’habitude la position de la Commission électorale.

A moins de trois jours du scrutin historique du dimanche, la CENI continue d’affirmer qu’elle sera prête. Mais l’opposition, dont LAMUKA, craint un scrutin chaotique. A l’issue de cette journée, la coalition de Martin Fayulu doit également prendre une décision si elle prendrait ou non part à ces élections.