RDC: A Beni, la riposte contre l’Ebola victime de manifestants

La méfiance de la population locale était déjà une des difficultés des équipes du ministère congolais de la Santé et ceux de l’organisation mondiale de santé (OMS) dans cette ville de Beni, ravagée par une épidémie du virus Ebola. Mais depuis le report des élections, et alors que la Commission électorale a officiellement évoqué cette maladie parmi les raisons, la réalité dévient encore plus compliquée.

La riposte contre l’Ebola systématiquement visée

Au total, selon des sources sanitaires, trois centre de santé ont été saccagées hier et aujourd’hui. Il s’agit de Rwangoma (hier), Ngongolio et Tamende. Le jeudi 27 décembre 2018, des manifestants ont vandalisé des installations situées à l’intérieur de l’enclos du Centre de Transit de Beni où sont traités les cas suspects en attente des résultats du test de laboratoire. Il ne s’agissait pas du Centre de Traitement d’Ebola dans lequel sont traités et isolés les cas confirmés.

L’ampleur des dégâts matériels est en cours d’évaluation. Les tentes dans lesquelles se réunissent les équipes en charge des enterrements dignes et sécurisés ont été partiellement brûlées“, signe le ministère congolais de la Santé à POLITICO.CD. “Les manifestants ont également volé quelques chaises, tables et bâches au Centre de Transit. Certaines installations électriques et sanitaires du Centre de Transit ont été endommagées rendant le Centre non-fonctionnel pour l’instant“, ajoute-t-il dans son message.

Quand les manifestants sont arrivés, explique toujours notre source au ministère, 24 cas suspects étaient traités au Centre de Transit. “Parmi ces patients, trois étaient dans un état sérieux et n’ont pas pu quitter leur lit au moment des troubles. Après le départ des manifestants, ils ont été transférés au Centre de Traitement d’Ebola (CTE) pour attendre le résultat de leurs tests de laboratoire.”

2ème plus grande épidémie au monde

Mais on assure que les équipes médicales sont en contact avec les familles des patients ayant quitté le Centre de Transit. “Plus tard dans l’après-midi, 11 patients sont revenus d’eux-mêmes et ont été installés dans des tentes supplémentaires installées au Centre de Traitement d’Ebola pour pouvoir les accueillir“, note le ministère.

Depuis plusieurs mois, les autorités congolaises et celles des organismes internationaux font face à la 2e épidémie d’Ebola la plus meurtrière au monde qui a déjà tué plus de 357 personnes en 5 mois dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Sans les actions de la riposte, nous aurions déjà compté des dizaines de milliers de morts.

Alors que la maladie fait des ravages, la résistance des communautés locales a été l’un des principaux problèmes auxquels sont confrontés les personnels de santé, en plus des attaques armées par des milices. En octobre dernier, trois volontaires de la Croix-Rouge congolaise qui assistaient à l’enterrement d’une victime d’Ebola ont été blessés lors d’une attaque des jeunes gens, entraînant la suspension des activités de riposte.

Le cap est maintenu

 

Après tant d’efforts auprès des communautés locales pour faire comprendre les enjeux aux malades et victimes, la décision de la Commission électorale de reporter des élections pour les villes de Beni et Butembo, évoquant notamment l’Ebola, est venue jeter de l’huile dans le feu.

Mais les équipes du ministère de santé  continuent de travailler tant bien que mal.  Aujourd’hui, le coordonnateur de la riposte contre Ebola à Butembo, Dr Jean-Christophe Shako, a participé à une activité de sensibilisation de l’Union des Jeunes Catholiques. Organisée par l’évêque du diocèse de Butembo-Beni, Monseigneur Melchisedec Sikuli Paluku, la session de formation était placée sous le thème de « Famille sans Ebola ».

Près de 300 jeunes catholiques ont été formés sur la maladie à virus Ebola et ont été invités à accompagner les activités de la riposte et sensibiliser leur communauté.

 

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