Il y a d’abord la capitale congolaise qui risque de provoquer une furie. Alors que la Commission électorale annonçait avoir comblé le vidé laissé par des machines brûlées dans l’incendie d’un ses entrepôts le 13 décembre dernier, la réalité serait toute autre, à en croire plusieurs sources. Dans la capitale, on assisterait même à une réduction de nombre de bureaux de vote.

Des bureaux supprimés

Jusqu’à un millier de bureaux sur 7939 prévus pourrait être supprimés en raison d’un manque de machines, selon plusieurs sources. Or pour la province de Kinshasa, CENI a prévu 969 sites (et sans doute un peu plus de centres) et 7 939 bureaux de vote“, signale entre autres la journaliste Sonia Rolley de Radio France Internationale.

Une information confirmée à POLITICO.CD par plusieurs sources. “Des réajustements sont en cours. Des bureaux de vote sont supprimés dans certains coins. Mais le danger est que ceci soit mené à des fins politiques et électorales pro-pouvoir car nul ne sait exactement ce qui est fait. La CENI ne s’en justifie, ni ne communique“, note Litsani Choukran, éditorialiste et fondateur de POLITICO.CD.

En effet, outre le fait que tout ceci soit fait sans aucune communication officielle et à seulement quelques jours du scrutin, une réduction de bureaux de vote est d’autant plus anormale que la Commission électorale vient d’annuler le scrutin à Beni, Butembo et Yumbi. A ce titre, elle devrait économiser au moins 2000 machines voir plus.

La CENI loin d’être prête pour dimanche

Par ailleurs, à en croire M. Litsani, cette suppression de bureaux de vote dans la capitale, signalée dans plusieurs autres villes sans que cela soit certes confirmée par la CENI, risque de rendre le vote impossible en une seule journée. “La suppression de bureaux aura pour conséquence logique d’augmenter le nombre d’électeurs/bureau, ce qui, au final, augmente le risque que tous ne votent pas le dimanche. Selon la loi, le vote ne doit pas dépasser plus d’une journée“, dit le fondateur de POLITICO.CD. dans un tweet.

Selon d’autres sources, la CENI est également loin d”être prête pour le scrutin de dimanche. Dans une interview à Jeune Afrique, Leila Zerrougui, la Représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en République démocratique du Congo, a révélé que la CENI affirmait avoir besoin d’un report d’au moins deux semaines, pour un vote vers le 6 janvier 2019. D’autres sources affirment que la CENI aurait besoin de 2 mois.