“La maladie à virus Ebola ne va pas interférer dans le déroulement des élections.” Ces paroles sont celles du ministre congolais de la Santé, Orly Ilunga tenues lors d’une conférence de presse le 5 décembre à Goma. Ce jour-là, les gouvernements congolais et ougandais à travers leurs ministères de la santé se sont rencontrés dans la capitale du Nord-Kivu pour discuter autour de la surveillance de l’épidémie d’Ebola.

Devant la presse, aux côtés de Jane Ruth Aceng, son homologue Ougandaise, M. Ilunga expliquait que le vote pourrait bien avoir lieu à Beni, épicentre d’une épidémie sans précédent d’Ebola.  “La maladie à virus Ebola ne va pas interférer dans le déroulement des élections, car lors de l’apparition de cette épidémie d’Ebola à Likati dans lex province Orientale en 2017, les opérations d’enrôlement des électeurs n’avaient pas été interrompues“, avait-il expliqué.

Au cours de la riposte contre Ebola dans la région de Beni, aucune activité de la vie quotidienne n’a été interrompue. Des mesures ont été prises entre le ministère de la santé et la commission électorale nationale indépendante pour que la riposte contre Ebola ne puisse interférer dans le déroulement des élections. Il y aura tous les piliers de la riposte activés dans tous les centres de vote en vue d’empêcher que les activités électorales n’augmentent la probabilité d’infection“, a ajouté le ministre congolais.

Pour autant, ce mercredi 26 décembre, la Commission électorale annonce le report des élections dans la même ville de Beni, y compris la ville voisine de Butembo, évoquant, outre les risques sécuritaires, la même épidémie qui ravage la région. Selon nos informations, la CENI a par contre consulté le ministre congolais de Santé avant de prendre sa décision.

En effet, une commission mixte a avait été mise en place pour évaluer les risques qu’encouraient les populations dans l’hypothèse ou des élections avaient lieu dans cette partie du pays. “L’épidémie qui sévit actuellement à Beni est l’épidémie la plus complexe de l’histoire de l’humanité“, explique le ministre Oly Ilunga à l’agence britannique Reuters. “Avec la CENI, nous avons une commission mixte qui suit l’évolution de la situation de l’épidémie d’Ebola. Je pense que la décision de repousser les élections a été prise en tenant en compte de toutes les recommandations de la commission et en concertation avec toutes les parties prenantes au processus électoral“, estimait-t-il lors de l’annonce du premier report des élections au 30 décembre.