Il était au coeur de la grande mobilisation anti-Kabila le 30 décembre 2017. Carbone Beni wa Beya a été arrêté aux côtés des quatre autres de ses camarades du mouvement citoyen FILIMBI (sifflet en swahili) puis détenu pendant plusieurs mois dans les cachots des services de Renseignements à Kinshasa, avant d’être officiellement inculpé puis condamné en septembre dernier pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’État », « offense au chef de l’État », et « publication et distribution d’écrits subversifs ».

Le 25 décembre, il a été libéré, après avoir purgé l’entièreté de sa peine. “Je mets en garde contre toute récupération autour de cette libération. Il ne s’agit nullement d’une mesure de décrispation, nous avons entièrement purgé notre peine”, dit-il ce matin dans une longue intervention à POLITICO.CD.

Que reste-t-il de son combat. La prison l’a-t-il changé? “Nous continuons à le dire et nous l’avions dit lors de notre plaidoirie [durant le procès], si mobiliser les citoyens congolais, éveiller les consciences des citoyens congolais, si militer pour une dignité, pour un Congo meilleur, est un crime, nous acceptions d’être condamné“, répond-t-il  vigoureusement.

Le responsable du réseau Filimbi, chargé entre autres de la mobilisation, explique que son combat est un modèle pour la jeunesse africaine et congolaise. “Si l’activisme tout simplement est un crime, pour nous, nous accepterons de mourir en prison, parce que nous ne cesserons pas de le faire“, dit-il. “Nous considérons que ce que nous faisons est un combat noble d’ailleurs exemplaire pour le peuple africain aujourd’hui, en particulier la jeunesse congolaise“, ajoute-t-il.

Il promet donc de continuer son combat, affirmant au passage que nul ne saurait réellement les arrêter. ” Nous ne voyons pas ce qui pourrait nous arrêter, ni aujourd’hui, ni demain, tant que nos conscience à nous en tant que mouvement citoyen, en tant que jeunesse congolaise toute entière engagée pour le changement, dans les valeurs et les principes de la démocratie; rien ne pourra nous arrêter“, dit-il.

Notre sortie n’est tout simplement que la continuité, nous allons ramasser le combat là où nous l’avions laisser. Nous allons reprendre les choses là où nous l’avions abandonner. Et il faut signaler qu’après notre arrestation, le Mouvement Filimbi, ainsi que tant d’autres mouvements, les jeunes et la population n’ont pas baissé les bras“, ajoute-t-il.

Carbone Beni wa Beya au téléphone avec Litsani Choukran