L’opposition congolaise aura finalement deux principaux candidats et une ribambelle d’autres candidats à la Présidentielle du 23 décembre. Ce vendredi à Naïrobi, Vital Kamerhe s’est désisté en faveur de Félix Tshisekedi au profit d’un accord qui fait de lui le numéro deux d’une alliance UDPS-UNC redoutable.

En effet, Félix Tshisekedi, le leader du principal parti de l’opposition est donné favori de la prochaine Présidentielle avec pas moins de 36% selon un sondage du Group d’Etudes sur le Congo (GEC), alors que Vital Kamerhe, qui a terminé troisième à la présidentielle de 2011, est donné deuxième avec 17%, devant le candidat du pouvoir Emmanuel Ramazani Shadary.

Mais ce sondage, pro-opposition, n’a pas tenu compte de Martin Fayulu, éphémère candidat commun de l’opposition aujourd’hui soutenu par Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, Freddy Matungulu ou encore Adolphe Muzito. Si Fayulu a été contesté du fait de son poids politique, son triomphant retour à Kinshasa le mercredi 21 novembre a fait démentir ses détracteurs.

Des opposants qui s’opposent entre eux

Sur le coup, ces deux blocks s’opposent et s’affrontent même. Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, tous exclus du processus, ont systématiquement villipendé Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe après leurs retraits. Ce vendredi, le président de l’UNC n’a pas hésité à lancer des piques en direction de Katumbi après avoir annoncé officiellement son ralliement au président de l’UDPS.

Moïse Katumbi a toujours dit que Félix Tshisekedi était son candidat. Nous présentons aujourd’hui le ticket qu’il souhaitait. Serait-il capable de mobiliser les autres pour nous rejoindre ? Voilà la question”, dit-il. “Car dès le départ, si l’opposition, réunie à Genève, avait annoncé le ticket Félix Tshisekedi – Vital Kamerhe, tout le monde aurait dit : « C’est fini pour Kabila, son candidat n’a aucune chance de passer ». Parce que c’est le peuple lui-même qui aurait alors pris en charge les bureaux de vote et surveillé tout le processus pour que son vote ne soit pas volé“, a-t-il ajouté dans cette interview à Jeune Afrique.

Sur les réseaux sociaux, des partisans de Katumbi et Bemba ont farouchement attaqué la nouvelle union annoncée entre Kamerhe et Tshisekedi. Entre-temps, d’autres candidats se réclamant de l’opposition sont toujours en lice pour cette présidentielle du 23 décembre.  Par ailleurs, si les opposants ne s’aiment guère entre eux, ils sont encore peu amoureux du camp présidentiel.

A Naïrobi, Félix Tshisekedi a une fois de plus dénoncé la coalition au pouvoir, promettant de battre son candidat. A son retour à Kinshasa le mercredi, Martin Fayulu s’est également attaqué à Emmanuel Ramazani. Néanmoins, ce dernier peut compter sur la dispersion des voix entre les candidats de l’opposition, s’appuyant sur la cohésion de la grande machine du Front Commun pour le Congo (FCC). A moins d’un mois de cette présidentielle, la carte électorale s’annonce de plus en plus indécise.