Colère, traque, terreur et des morts à l’Université de Kinshasa

La colline inspirée de l’Université de Kinshasa, premier établissement d’études supérieures en République démocratique du Congo, est restée dans la tourmente ce vendredi. Les traces des manifestations estudiantines de ces derniers jours restent encore palpables.  Le Bâtiment administratif porte encore des traces de fumées.

Ce matin, une dizaine de groupes d’étudiants ont brûlé un pneu devant cet édifice, tentant une fois de plus de manifester, sous la colère et l’émotion de la disparition de deux de leurs camarades.  La police a investi le site avec ses renforts qui pourchassent des étudiants dans tous les sens. Jeudi, Hyancinthe Kimbafu, étudiant en 2ème Licence Génie Informatique a succombé à ses blessures causées par une balle tirée jeudi par un policier.  Le même jeudi, Rodrigue Eliwo, étudiant en 3ème Graduat Biologie, a été tué sur place.

Des policiers armés

Ces centaines d’étudiants étaient pacifiquement descendus dans la rue pour protester contre la grève générale des professeurs de cette université publique. Depuis plusieurs semaines, l’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (APUKIN) a décrété l’arrêt général des cours pour revendiquer des meilleures conditions.

Comme souvent, les forces de l’ordre déployées sur le site universitaire ont réprimé dans le sang les manifestations des étudiants. Pourtant, le ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU), Steve Mbikayi dénonce l’usage d’armes à feu. “Les balles réelles sont interdites sur les sites universitaires. J’exige une peine exemplaire contre les policiers responsables des tirs qui ont engendré la mort. Celui qui avait tiré le 12/11/18 est aux arrêts. L’autre doit être identifié. Mes condoléances aux familles éprouvées!”, a-t-il dit sur son compte Twitter.

Comme lui, la Police nationale affirme que les policiers présents sur le site ne devraient par être armés à balles réelles.  “Deux étudiants ont perdu la vie de suite des blessures causées par balle. Le commissariat provincial regrette ces pertes en vies humaines et rassure qu’il ne peut en aucun cas tolérer la mort d’une personne innocente. La police ville de Kinshasa met en garde tout policer qui utiliserait les armes à feu pour les interventions sur les sites universitaires“, a dit le commandant de la ville de Kinshasa Sylvano Kasongo dans un communiqué.

Mais les organisations de défense de la société civile et l’opposition congolaise dénoncent ces crimes qui persistent. “L’ACAJ condamne l’emploi des armes létales et la morts de deux étudiants. Elle condamne les actes d’atteinte à l’intégrité physique et d’extorsion de plusieurs effets des étudiants commis par certains policiers”, a dit l’ONG ACAJ communiqué ce vendredi.

Dénonciations et condamnations

Je condamne le meurtre de 2 étudiants de l’UNIKIN par des éléments mieux identifiés de la PNC. Je désapprouve l’usage des armes létales lors des manif et exprime ma sympathie aux camarades des disparus et à leurs familles. Le MINESU et le Chef PNC KIN portent la responsabilité“, lancé de son compté le député Lubaya Claudel André.

Sur place à l’Université de Kinshasa, la situation reste tendue. Des étudiants ont veillé toujours la nuit du jeudi au vendredi, lançant des cris hostiles au pouvoir en place. La police annonce de son côté l’arrestation d’un de deux tireurs, alors que l’autre n’est pas encore identifié.

 

 

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