La CENI est appelée à écouter les parties prenantes ; l’opposition, à mettre fin à
la confusion et le FCC, à cesser d’abuser des moyens et du personnel de l’Etat“, martèlent l’Association pour l’Accès à la Justice (ACAJ), l’Institut Pour la Démocratie et la Gouvernance,  la Paix et le Développement en Afrique (IGDPA), l’Institut de Recherche en Droits Humains  (IRDH) et la Voix des Sans Voix pour les droits de l’Homme (VSV) dans ce communiqué consultés par POLITICO.CD. Ces organisations se disent préoccupées  par l’incertitude que dénoncent les partis politiques de l’opposition autour de leur participation aux  élections prévues le 23 décembre 2018.

Elles invitent la CENI à tenir compte des revendications qui s’avèrent être légitimes et conformes à la loi électorale. Par ailleurs, les quatre ONG demandent à la CENI d’examiner les accusations d’abus des moyens et du personnel de l’Etat par le Front commun pour le Congo (FCC).

En effet, d’une part, le 26 octobre 2018, des partis politiques d’opposition dont Ensemble pour le changement, la Dynamique de l’opposition, le Mouvement de Libération du Congo (MLC) et le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA)… ont marché pour exiger que la CENI organise des élections à la date du 23 décembre 2018,  sans Machine à voter (MAV), ni avec des millions d’électeurs sans empreintes digitales. Avant cette marche, d’autres regroupements  politiques de l’opposition dont l’Union pour la démocratie et le progrès sociale (UDPS) appelaient  à participer aux élections à la date prévue, avec ou sans machine à voter.

Les deux appels ont débouché sur une confusion et une escalade verbale dans les médias sociaux qui exposent le pays aux graves  risques de violence politique. D’autre part, le 27 octobre, le regroupement politique au pouvoir, réuni au sein du FCC a tenu un  meeting au Stade Tata Raphaël, afin de soutenir la machine à voter.

Les observateurs de la société civile membres de ces organisations signataires ont
relevé une mobilisation du personnel et des fonctionnaires de l’Etat, notamment des policiers vêtus  en civil et des agents de l’administration de la Territoriale, en fonction.

Par ailleurs, l’évènement du FCC, auquel a pris part le Premier Ministre Tshibala, a bénéficié des bus de la  société TRANSCO, qui dépend du Ministère de transport et voies de communication et des fonds du Trésor public qui ont été distribués aux participants, sur la voie publique.

Les pratiques du FCC sont contraires à la morale politique que prône la loi électorale, l’article 6 de la Constitution qui donne aux partis politiques le devoir de l’éducation civique et l’article 36 de  loi électorale qui interdit « l’utilisation à des fins de propagande électorale des biens, des finances  et du personnel de l’Etat, des établissements et organismes publics et des sociétés d’économie
mixte », martèlent -ils.

L’ ACAJ, IGDPA, IRDH et VSV recommandent à la CENI et au Parquet General de la République (PGR) d’ouvrir des investigations, afin  de punir toute violation de la loi électorale, en ses dispositions interdisant l’abus des  moyens et du personnel de l’Etat ;
de trouver un consensus à propos de l’usage de la Machine à voter, au lieu de  l’imposer aux parties prenantes qui soulèvent des motifs valables.

Ces organisations invitent l’opposition politique de fixer l’opinion publique sur sa participation aux élections et mettre fin à la confusion qu’elle participation médias sociaux et au FCC de cesser d’abuser des moyens et du personnel de l’Etat.

Kerima