A deux mois des élections en République démocratique du Congo, des signaux alarmants demeurent. L’opposition congolaise a une nouvelle fois été empêchée de manifester le week-end dernier à Lubumbashi. Les opposants protestent notamment contre le manque de transparence dans ce processus électoral car, outre ses cadres qui ont été écartés de la Présidentielle, la Commission électorale impose des machines à voter susceptibles de favoriser la fraude. Une situation qui inquiète donc les pays voisins de la RDC, surtout l’Afrique du sud qui, au sein de la Communauté des Etats d’Afrique Australe, tente de faire pression sur Kabila.

Alors qu’il était à Kinshasa en août dernier, le président sud-africainCyril Ramaphosa est de nouveau attendu dans la capitale congolaise la semaine prochaine. A Petoria, les analystes politiques et la presse montent au créneau pour demander plus d’implication de la part de leur gouvernement. “La SADC doit parler d’une seule voix. L’organisation elle-même  — et pas seulement ses membres les plus forts et les plus inquiets, en l’occurrence l’Afrique du Sud et l’Angola — doit lancer un appel clair à la tenue d’élections crédibles et exposer les principaux problèmes que le gouvernement congolais doit résoudre“, note l’Institut d’études et de sécurité (ISS) basé en Afrique du sud.

Dans sa note publiée dans la presse sud-africain, cette organisation spécialisée dans les études sécuritaires dans la sous-région accuse la RDC d’avoir été “trop douce pendant trop longtemps en RDC, permettant au gouvernement congolais de croire qu’il n’a rien à craindre si les élections sont sérieusement faussées ou manquent de crédibilité.

Si la SADC veut la stabilité dans son plus grand État membre, elle doit faire preuve d’audace et aller au-delà des frontières de la souveraineté. Il ne suffit pas que la SADC envoie simplement une équipe d’observateurs électoraux, même si son rapport critique le processus“, estime-t-il dans ce message lu par POLITICO.CD.

L’ISS appelle également l’Union Africaine à prendre position. “L’Union africaine (UA) , explique-t-il, doit également indiquer clairement ses attentes et devrait appuyer l’intervention de la SADC. Si les deux organisations se parlent, l’impact du message sera considérable et permettra au gouvernement congolais de savoir que les organisations continentales ne se détourneront pas si les élections se déroulent dans le calme.