La scène est filmée à Kinshasa, deux policiers en tenue, un autre en civil, entourent une jeune fille, qu’ils arrêtent par la suite. Selon eux, cette dame, visiblement majeure, porte une tenue inadéquate. Il s’agit d’une mini-jupe.  Elle va être brutalisée et amenée par ces agents.

Un peu partout à Kinshasa, des incidents sont signalés pour dénoncer des dérapages dans la traque des « Ujana ». La semaine dernière, les autorités provinciales ont annoncé le lancement d’une opération « coup de poing » dans le bu but de « lutter » contre le fameux phénomène “UJANA”, qui fait référence à des filles mineures qui promènent en groupe, sans sous-vêtements,  le long des avenues très fréquentées.

Pour le Chef de la police Kinshasa, il s’agit d’un « groupe de mineures qui sont à la base de la dépravation des mœurs, qui se dénudent au vu de tout le monde et qui se prostituent ». « Les mineures sont des irresponsables, mais les partenaires sont des adultes qui seront punis conformément à la loi. C’est un viol. Tandis que les mineurs, on va les amener au tribunal pour enfants », affirmait le général Sylvano Kasongo.

Cependant, l’application de ces mesures font polémique. A Bandalungwa, près du Centre-ville, des policiers ont même investi une parcelle, à la traque de ces jeunes filles, rapportent plusieurs témoins. Dans les rues du centre-ville, des patrouilles abordent des jeunes filles pour demander des pièces d’identité. “Les mineures sont systématiquement embêtée, peu importe leurs tenues“, explique un avocat à POLITICO.CD.