Jean-Pierre Bemba, leader du Mouvement de Libération du Congo (MLC), et Adolphe Muzito, ancien Premier ministre, ont définitivement été écartés de la prochaine présidentielle lundi soir par la Cour Constitutionnelle. Une situation largement prévisible, alors que l’opposition congolaise accuse depuis plusieurs mois la Commission électorale d’être au service du président Joseph Kabila.

Au lendemain de ces invalidations, le MLC a haussé le ton. Dans un communiqué lu devant la presse à Kinshasa, le parti de Jean-Pierre évoque clairement une remise en cause de sa participation au processus élecotral.  “Le MLC et ses alliés se sont engagés à évaluer dans un plus bref délai, l’ensemble du processus électoral et communiquer sur la décision de poursuite ou non de leur participation au processus en cours, ou encore sur la nécessité de requalifier le processus et restructurer la CENI“, affirme le communiqué signé par Eve Bazaïba, Secrétaire générale du MLC. 

Le MLC maintient sa collaboration avec toutes les forces vives de la nation afin de faire échec aux institutions inféodées notamment la Cour Constitutionnelle“, ajoute-t-il. 

Même son de cloche du côté de Moïse Katumbi ou encore celui d’Adolphe Muzito, tous les deux écartés du processus.  Depuis Bruxelles, l’ancien Premier ministre a rencontré le même lundi dans la soirée, l’ancien gouverneur du Katanga.

Katumbi et Muzito appellent à la mobilisation générale

Dans un communiqué publié dans la foulée, les deux hommes s’opposent ouvertement à Joseph Kabila, ainsi qu’au processus électoral actuel, qu’ils dénoncent. Les deux leaders, affirme ce communiqué parvenu à POLITICO.CD,  ont condamné “l’instrumentalisation de la Cour Constitutionnelle qui pour des raisons politiques continue a exclure des candidats à l’élection présidentielle.

Adolphe Muzito et Moïse Katumbi s’engagent à “obtenir des élections inclusives, libres, transparentes et crédibles”, tout en rejetant la machine à voter imposée par la CENI. Les deux opposants appellent en outre à la mobilisation générale “du peuple Congolais afin de résister aux manoeuvres de la CENI et du régime de monsieur Kabila.

Dans la ligne de cette dernière, les deux hommes d’État ont rappelé la nécessité de la révision du fichier électoral et de la décrispation politique comme préalable à la tenue des élections, particulièrement la libération de tous les prisonniers politiques, le retour de certains leaders politiques forcés à l’exil et le respect du droit de manifestation pacifique conformément à la Constitution et à l’Accord de la Saint Sylvestre“, insiste ce communiqué.

Enfin, ils ont convenu de “travailler à l’ébauche d’un programme commun des forces de l’opposition en vue de dégager un consensus autour de la candidature commune de l’Opposition souhaitée par le peuple congolais.

Du côté de l’UNC, on appelle également à l’unité de l’opposition, fustigeant le pouvoir congolais, la CENI et la Cour Constitutionnelle. Selon des sources concordantes, des disucssions vont avoir lieu entre opposants pour déterminer une position commune à adopter.