Comme annoncé le week-end dernier, le ministre congolais de la justice a été auditionné ce mardi à Bruxelles par la justice belge.  « (Alexis Thambwe Mwamba) a sollicité d’être entendu le plus rapidement possible par les autorités belges », affirme un communiqué de son avocat belge Me Laurent Kennes, cité par Jeune Afrique.  « Il a enfin obtenu ce droit ce matin-même et a été entendu de 9 h à 13 h. Il a répondu à toutes les questions qui lui ont été posées et a proposé son entière collaboration», ajoute-t-il, toujours cité par nos confrères.

Alexis Thambwe, dinosaure Mobutiste qui a réussi à échapper à la comète AFLD, traîne derrière lui des vieux cadavres dans le placard, que la Belgique, qui l’a déjà affronté, a décidé d’extraire. La justice de l’ancienne puissance coloniale à ouvert une enquête contre lui, suite à une plainte déposée en juin 2017 par plusieurs familles de victimes de ce qui peut être regardé comme un acte terroriste perpétré en octobre 1998.

Pour la petite histoire, avec l’arrivée au pouvoir de l’AFDL en mai 1997, Alexis Thambwe-Mwamba s’exile à Bruxelles, d’où il rejoint la rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), qui débute en août 1998, devenant le chef de file des mobutistes ralliés à ce mouvement soutenu par… le Rwanda! Au mois d’octobre 1998, explique La Libre qui livre l’information,  la guerre entre ces deux mouvements rebelles se déroule aux abords de Kindu, ville située à 1200 kilomètres à l’est de Kinshasa. Le 18 octobre, un Boeing 727 de la compagnie Congo Airlines est abattu avec 50 personnes à bord (43 civils, essentiellement des femmes et des enfants, et 7 membres d’équipage).

Le lendemain, une information est diffusée en boucle sur les ondes de RFI. On y entend un des leaders du RCD, Alexis Thambwe Mwamba, revendiquer l’attaque contre cet avion. Il justifie alors le tir du missile (un Sam 7) par le fait que l’avion était sur le point d’atterrir à Kindu avec des militaires pro-Kabila à son bord. Une version immédiatement démentie par les responsables de la compagnie aérienne et de nombreux témoins.

L’avion n’était pas en approche de Kindu mais venait de décoller avec, à son bord, selon plusieurs témoignages que “La Libre” a recueillis encore ce mardi, des civils qui cherchaient à fuir un front militaire qui ne cessait de se rapprocher de la ville. Chose qu’Alexis Thambwe niera bien évidemment, n’étant pas des opérations militaires.

Toutefois, Alexis Thambwe et la justice belge se connaissent très bien, une longue relation d’amour qui commence depuis novembre 2003. Comme l’explique une brève de l’Agence France Presse, une enquête est alors ouverte sur un vaste réseau de blanchiment d’argent au départ du Sud-Kivu. A cette époque, les zones d’extraction du coltan sont aux mains de la rébellion rwandaise du RCD. Selon les informations recueillies par la justice belge et figurant dans un rapport de l’ONU, l’argent issu de la vente du minerai transite par la Belgique et retourne ensuite au Rwanda afin de financer la rébellion, à qui l’on attribue trois millions de morts. A la tête des sociétés d’extraction, des fonds très importants sont versés à un membre de la rébellion… Alexis Thambwe Mwamba.