RDC: Terrible journée chez Kabila

C’était censé être le secret le mieux gardé en République démocratique du Congo. Tant les jours avançaient, jamais personne, y compris proches et très proches du président congolais Joseph Kabila, n’étaient en mesure de prédire de quoi sera fait l’avenir de la majorité au pouvoir.  Pour autant cette ultime journée, à en croire les langues qui se déliaient de plus en plus, sous le poids de l’impatience, met en lumière une évidence : le secret n’existait peut-être pas.

Kin-Kiey sonne la charge

A 15 heure (heure de Kinshasa), la presse est tout à coup conviée à la ferme privée du président Joseph Kabila, située à Kingakati, dans l’est de la capitale congolaise. Bien avant elle, c’est toute la grande coalition du Front Commun pour le Congo (FCC) qui y avait rendez-vous. “Les derniers réglages sont en cours afin de sortir au sein de notre famille politique le nom du successeur du Chef de l’Etat” lançait un cadre joyeux, croyant enfin voir  la fin d’une série qui a trop duré.

Mais voilà, pendant que les Kabilistes organisaient leur messe, au centre-ville à Kinshasa, un peu plus tôt dans la matinée, un homme allait planter les signaux précurseurs de cette journée finalement cauchemardesque chez Kabila. Tryphon Kin-Kiey Mulumba, chantre attitré du Kabilisme et d’un troisième mandat pour le président congolais, sonne la première surprise. Le président du parti Kabila Désir dépose sa propre candidature à la Présidentielle, bien contre l’avis de sa famille politique.

Dans la foulée, il lance un communiqué coupe gorge, vilipendant la fameuse coalition du FFC.  “Le constat est que l’action a manqué d’être partagée et portée par notre Peuple. Les plus fortes actions de contestation et d’affaiblissement sont venues du sein de la classe politique au pouvoir qui a littéralement refusé paradoxalement d’accompagner l’action et de l’assumer“, dit-il dans ce communiqué envoyé à POLITICO.CD. Kin-Kiey dénonce par ailleurs l’élargissement “mathématique” de la majorité autour du président Kabila car, dit-il, cela “pose la question de crédibilité de l’offre et de cohésion.”

« Vous ou personne »

Si cette candidature opportuniste fait buzz, dans la réalité, elle accompagnera la longue soirée des Kabilistes du côté de Kingakati. Publiquement, dans cette salle fermée, seul le président s’exprime. Un long discours mobilisateur, sans pourtant revenir sur la question essentielle : le nom du futur dauphin. Dans la salle, l’inquiétude est visible, mais cachée sous l’autorité du Chef de l’Etat congolais. Dans les coulisses néanmoins, les choses sont plus claires : la coalition n’est pas du tout d’accord pour dégager un consensus autour d’un seul homme « autre que le président Kabila ».

Car entre-temps, ni Aubin Minaku, encore moins Matata Ponyo ou Léonard She Okitundu ne semblent faire l’unanimité au sein de la famille.  Un autre candidat, qui en fait une question de vie ou de mort, Modeste Bahati Lukwebo, n’aura même pas pris le temps de participer à la réunion. Il se cache dans son Kivu natal, tirant les fidèles d’une vingtaine des partis qui boudent toute la soirée en sa faveur.

Devant les boucliers levées, Joseph Kabila arrête les débats. Une décision sera prise et annoncée « cette nuit ou demain matin » à toute la famille. Le conclave prend fin, sans fumée blanche.

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