Présidentielle : la stratégie gagnante de l’opposition

C’est la dernière ligne droite pour la prochaine présidentielle. Du 24 juillet au 8 août, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) va vraissemblement ouvrir ses bureaux aux candidats présidents. Si du côté du pouvoir, la question concernant le successeur de Kabila reste imperméable, du côté de l’opposition, c’est une floraison des candidatures qui est crainte.

En effet, des leaders de l’opposition avancent têtes baissées, avec quatre candidatures majeures toujours maintenues à savoir : celles de Jean-Pierre Bemba, soutenue par le MLC et de Moïse Katumbi, soutenu par la grande coalition d’Ensemble et Félix Tshisekedi, soutenu par l’UDPS. Les regards sont tournés vers l’UNC de Vital Kamerhe, qui ne s’est pas encore prononcée. A ce sujet, un cadre confirme à POLITICO.CD la candidature du patron de l’UNC à cette Présidentielle.  « Vital Kamerhe est une grande figure de ce pays et a toutes les qualités nécessaires pour briguer la magistrature suprême », argumente-t-il.

Cependant, dans une présidentielle à un seul, la multiplication des candidats jouerait directement à l’avantage du candidat du pouvoir, qui doit être connu bientôt. A ce sujet, c’est de manière inattendue que Jean-Pierre Bemba, pourtant un des favoris et surtout réputé imposant, est venu lancer un vibrant appel à ses frères opposants pour s’unir.

« Je milite pour une candidature unique de l’opposition », a insisté le président du MLC dans sa toute première interview devant la presse mardi à Bruxelles. L’ancien vice-président va plus loin dans sa bonne fois, affirmant qu’il serait disposé à laisser un autre candidat représenter l’opposition. « Si nous voulons le changement, il faut un seul candidat au niveau de l’opposition. Je soutiendrai celui qui sera le mieux à même de défendre les couleurs de l’opposition », a ajouté le chef du MLC.

Ne pas choisir un qui sera disqualifié

Bemba annonce même des consultations à son arrivée à Kinshasa le 1er août prochain. Son appel a fait échos du côté de l’opposant Moïse Katumbi, qui, presque simultanément, tenait une conférence de presse via ses proches collaborateurs toujours à Bruxelles, soutenant également l’idée de cette candidature commune.

A Kinshasa, l’UDPS semble jouer sur la corde raide en lançant des messages qui laissent entendre qu’elle aura bel et bien un candidat à cette Présidentielle, ne laissant pas d’autre choix aux autres coalitions.

Cependant, les opposants ont une idée derrière la tête, une stratégie prévue bien longtemps. En effet, comme l’explique un cadre de l’UNC, les opposants préfèrent tous déposer des candidatures pour éviter que le pouvoir n’invalident l’unique candidat qui serait choisi préalablement. « Tout le monde doit d’abord déposer. Ensuite, attendre la validation des candidatures en septembre, et décider qui a le plus de chance de représenter les forces politiques de l’alternance », explique ce haut cadre du parti de Vital Kamerhe qui a requis l’anonymat. « Nous ne voulons pas choisir un qui sera disqualifié en septembre pour une raison ou une autre », ajoute-t-il.

En effet, avec les remaniements orchestrés par le président Joseph Kabila au niveau de la Cour Constititionnelle et une Commission électorale souvent décriée, il est peu probable que les candidats des favoris de l’opposition ne puissent pas connaitre des tracas. A titre d’exemple, l’opposant Moïse Katumbi, un des favoris de cette présidentielle, a vu sa candidature être menacée de rejet, après des révélations d’une supposée nationalité italienne. Par ailleurs, l’ancien gouverneur du Katanga fait également face à plusieurs procédures judiciaires, l’ayant notamment conduit à vivre techniquement en exil.

En optant pour plusieurs dépôts de candidatures, l’opposition garde ses chances de soutenir un candidat qui sera toujours en lice. Les cadors n’auront simplement qu’à appeler leurs partisans à voter pour celui-ci, sauf grande surprise.

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