La République démocratique du Congo abrite, rien que dans la région du Katanga,  50 à 60% des réserves mondiales de cobalt, ce qui représente la plus grande offre mondiale de minerais, ainsi que d’importantes quantités de cuivre. Le Pentagone, expliquaient des analystes américains l’année dernière,  a identifié le cobalt et le cuivre comme des «minerais stratégiques et critiques» pour la production d’avions militaires, de systèmes de guidage de missiles et d’autres matériels.

A Kinshasa, c’est la Chine qui tire grandement profit de ses minerais. Une situation qui risque rapidement de changer. En effet, le pouvoir congolais est sur une mauvaise pente. La pression interne, exercée notamment par un mouvement d’opposition qui ne cesse de grossir, a été accentuée par l’apport de la Communauté internationale qui n’hésite plus à afficher son opposition au maintien du président Joseph Kabila. La France notamment, qui a souvent adopté des positions plus souples en faveur de Kinshasa, est montée au créneau, alors que des pays voisins, comme le Rwanda ou l’Angola suivent le mouvement.

Cap vers Londres

Cependant, dans cette perspective, Joseph Kabila compte une fois de plus se défaire de la pression. Dans la capitale congolaise, les regards semblent être tournés vers une stratégie essentielle: utiliser les ressources naturelles, notamment le cobalt qui est en boom, pour faire fléchir certaines positions. Après avoir sillonné Washington, qui dirige la dans l’ombre, la fondre contre Kabila, alors même que le président Donald Trump est désireux de garantir des stocks de ces métaux stratégiques à son pays, Kinshasa oriente à présent ses actions vers le Royaume-Uni.

En effet, Albert Yuma Mulimbi, le président de la société d’Etat Gécamines et de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), s’est rendu à Londres juillet, où il s’est alors s’entretenir avec des représentants du gouvernement britannique, important bailleur de fonds, notamment via son agence de coopération Department for International Development (DFID).

Durant son séjour dans la capitale britannique, Yuma devrait aussi rencontrer des opérateurs miniers et sociétés de services britanniques, ainsi que des institutions financières du pays, tous cherchant à emporter une part des revenus potentiellement extractibles des mines congolaises dans le cadre de la hausse des prix du cuivre et du cobalt.

Selon des médias spécialisés britanniques, Londres porte un intérêt particulier pour le sous-sol congolais. Le Department for International Trade  qui appuie les investissements britanniques à l’étranger, a emmené une délégation en juin à la conférence DRC Mining Week de Lubumbashi. De plus, la Congolese Chamber of Commerce in Great-Britain organisera un forum le 9 septembre à Londres.