RDC: Washington fait monter la pression sur Kabila

Ce projet de résolution porté par les deux principaux partis américains, intervient alors les élections prévues le 23 décembre prochain avancent à grands pas, sur font de rumeurs affirmant que le président Joseph Kabila envisage de briguer un troisième mandat, en violation de la limite constitutionnelle de deux mandats.

John Prendergast, directeur fondateur de The Enough Project et co-fondateur de The Sentry, appelle de son côté les autorités américaines à vite voter cette résolution.  “Un message clair et sans ambiguïté du Congrès américain pourrait avoir un impact sur les calculs de Joseph Kabila alors qu’il envisage de se présenter de nouveau en violation de la constitution. Le Congrès peut renforcer la nécessité de sanctions mordantes et de mesures anti-blanchiment d’argent menées par le département du Trésor américain, le meilleur moyen de créer un levier pour la démocratie et les droits de l’homme au Congo“, dit-il dans un communiqué traduit de l’anglais par POLITICO.CD.

Coprésidé par les représentants Ed Royce (R-CA), Chris Smith (R-NJ), Eliot Engel (D-NY) et Karen Bass (D-CA), “la résolution sur la démocratie et la responsabilité de la République démocratique du Congo de 2018 (HR 6207)” cite les préoccupations de sécurité des États-Unis concernant «l’instabilité politique liée aux élections, la corruption endémique, les conflits armés, les violations flagrantes des droits humains et les crises humanitaires qui déstabilisent la région et causent des souffrances humaines massives».

Pluie de sanctions

Par ailleurs, le projet oblige également l’Administration Trump à “envoyer au Congrès une liste de personnalités politiques congolaises qui sous le coup des sanctions, ainsi que des actions américaines pour soutenir des élections crédibles et transparentes, la liberté de presse, l’expression et le droit de rassemblement afin de assurer des élections présidentielles libres et équitables conformément à la Constitution de la République démocratique du Congo

La semaine dernière, le Département d’Etat américain a annoncé dans un communiqué des nouvelles sanctions contre des autorités congolaises. Pour les États-Unis, ces personnalités sont responsables des violations “flagrantes” des droits de l’homme ou coupages des faits de corruption liés au processus électoral en RDC.

Mercredi, Jennifer Haskell, chargée d’affaires à l’ambassade des États-Unis à Kinshasa, a appelé ouvertement le président Joseph Kabila à quitter le pouvoir à l’issue des élections démocratiques qui doivent se tenir  à la fin de cette année. “Le Président Kabila peut devenir un héros dans l’histoire congolaise, s’il façonne, en décembre de cette année, le premier transfert pacifique, crédible et démocratique du pouvoir de son pays” a-t-elle déclaré.

Les Etats-Unis on déjà plusieurs fois sanctionné des proches du président Joseph Kabila et des membres clés du gouvernement congolais en 2017 et en 2016.  Pour Sasha Lezhnev, Directrice adjointe de la politique au projet Enough, le Congrès envoie un message fort à la RDC, ainsi qu’au président Kabila “qu’à moins d’un transfert démocratique réussi du pouvoir par un processus électoral crédible, il y aura de nouvelles sanctions et d’autres conséquences financières pour son entourage et les entreprises qu’ils contrôlent.

Recevoir nos publications par email

Inscrivez-vous pour recevoir les dernières publications de politique directement dans votre email.

Ne manquez pas ceci

Le Rassemblement au pied du mur: la restructuration boudée

Plusieurs voix s’élèvent au sein de cette coalition pour fustiger la restructuration proposée par une aille proche de Moïse Katumbi.

RDC: Guerre entre Kinshasa, Washington et la CPI autour du verdict final de Bemba

Kinshasa affronte les Etats-Unis et des proches de l’opposant Jean-Pierre Bemba qu’il accuse de mettre la pression sur la Cour Pénale Internationale (CPI), alors que le verdict final est attendu pour demain.

L’UDPS va enterrer, de force, Tshisekedi à Limete: “les travaux commencent la semaine prochaine”

En réaction au refus du gouvernement d’autoriser l’inhumation d’Étienne Tshisekedi dans une “zone urbaine habitée”, son parti annonce qu’il va passer outre cette mesure et enterrer son leader dans la commune de Limete.

Non, l’ambassadeur de l’UE en RDC ne prépare pas un coup d’Etat!

Après la tenue en Europe d’une conférence entre les mouvements citoyens appelant…