Le geste est symbolique, presque désespéré, à 24 heures du cinquante-huitième anniversaire de l’indépendance du pays. Les prêtes de la CENCO, qui avaient facilité le dialogue ayant abouti à l’accord de la Saint-Sylvestre en décembre 2016 ne croient pas au processus dirigé par Corneille Nangaa, à quelques mois seulement de la tenue des scrutins fixés au 23 décembre 2018. “A six mois de la tenue des élections présidentielle, législatives nationale et provinciale, le climat sociopolitique demeure encore tendu, la situation sécuritaire et humanitaire précaire et les droits de l’homme sont bafoués“, déplorent-ils.

Sur onze pages, Cardinaux, évêques et clergés appellent tour à tour le gouvernement, les acteurs politiques, la CENI, ainsi que la population à s’impliquer pour corriger le tir. “Néanmoins, nous sommes convaincus que la sortie pacifique de la crise qui sévit dans notre pays, passe nécessairement par l’organisation de bonnes élections. Nous devons sauver le processus électoral“, insistent ces prêtres catholiques. 

Parmi les motifs que dénoncent les catholiques, il y a entre autres le non parachèvement des mesures de décrispation prévues dans l’Accord de la Saint-Sylvestre, jugé ” inexplicable et inacceptable.” Mais également le maintien en prison ou en exil des cas emblématiques pour leurs opinions politiques, qui “n’est pas de nature à favoriser les élections inclusives et apaisées que nous voulons tous.” Ou encore le fichier électoral qui “divise les parties prenantes au processus électoral.

Au sujet de la fameuse machine à voter qu’impose la CENI, les prêtres de la CENCO affirment constaté qu’il n’y a toujours pas de consensus sur leur utilisation ou non. “A ce sujet, certains menacent même de boycotter les élections, apparemment sans en évaluer les conséquences”, font-ils remarquer. 

Dans son lot des recommandations, la CENCO appelle le président Joseph Kabila à “assumer ses responsabilités devant la Nation et de prêter l’oreille aux aspirations du Peuple congolais en veillant au respect de la Constitution et de l’Accord de la Saint-Sylvestre“, ainsi qu’au peuple congolais à continuer d’exiger des élections crédibles “dans le respect du calendrier électoral publié.” Ne cédons ni à la peur ni à la résignation et encore moins à la violence. Résistons à l’achat de conscience et aux manipulations politiciennes“, appellent-ils.