C‘est tard le soir du  vendredi 15 juin 2018 qu’un convoi motorisé de la Cour Pénale internationale (CPI) a conduit Jean-Pierre Bemba en Belgique, notamment dans  la commune de Rhode-Saint-Genèse où est situé son domicile familial. Le leader du MLC doit y séjourner en attendant le verdict final de son deuxième procès à la CPI.

En effet, le 8 juin 2018, dans l’affaire Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo (« affaire principale » devant la CPI), la Chambre d’appel a décidé, à la majorité, d’acquitter Bemba des charges de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité qui auraient été commis en République centrafricaine.  La Chambre d’appel de la CPI a indiqué qu’il n’y avait pas lieu de maintenir M. Bemba en détention dans le cadre de l’affaire principale et qu’il revenait à la Chambre de première instance VII de déterminer si sa détention demeurait justifiée en vertu de sa condamnation pour des atteintes à l’administration de la justice dans une autre affaire.

Le 12 juin 2018, la Chambre de première instance VII a ordonné la mise en liberté provisoire sous conditions spécifiques du leader du MLC après avoir tenu une audience et reçu les observations des parties sur le maintien en détention de Bemba compte tenu de tous les facteurs pertinents et des circonstances de l’affaire dans son ensemble, la Chambre de première instance a considéré que les conditions juridiques d’un maintien en détention ne sont pas remplies.

Cependant, 10 ans après son emprisonnement, Jean-Pierre Bemba n’avait alors aucun document de voyage. Et alors que des rumeurs courent sur les réseaux concernant une nationalité belge ou portugaise qu’il détiendrait, la CPI a dû faire une demande spéciale auprès des autorités belges pour un titre temporaire de séjour.

Au final, la Belgique a octroyé un visa l’autorisant Bemba à rester dans un premier temps jusqu’à 90 jours sur son sol.