RDC: 8 ans après, le mystère sur l’assassinat de Chebeya reste entier
Huit ans après cet assassinat, le mystère règne toujours et les voix se lèvent de partout pour exiger la lumière sur les circonstances réelles de la disparition de ces défenseurs des droits de l’homme. Le procès organisé par les autorités congolaises laisse un goût inachevé du côté de la société civile, qui se mobilise à nouveau pour réclamer “l’éclatement” de la vérité.

A Kinshasa, une cérémonie d’hommages à ces défenseurs des droits de l’homme est prévue ce vendredi matin au cimetière de Mbenseke Futi où repose pour l’éternité Floribert Chebeya.  Selon le programme parvenu à Politico.cd, après cimetière, une conférence débat en mémoire de Chebeya et Fidèle Bazana est prévue à la Paroisse Notre Dame de Fatima en présence des représentants des organisations internationales, diplomates, défenseurs des droits de l’homme et militants des mouvements citoyens.

Pour clôturer cette journée, une messe d’action de grâce est prévue le soir à Notre Dame de Fatima. “Tant que les fugitifs courent, nous pensons que le procès Chebeya n’a pas encore achevé“, explique de son côté Me Jean Joseph Mukendi wa Mulumba , coordinateur du collectif des avocats de l’affaire Chebeya dans le film documentaire intitulé “Chebeya, une affaire d’Etat?“, réalisé par le cinéaste belge Thierry Michel.

Militant respecté et connu, Floribert Chebeya, 47 ans, secrétaire exécutif de l’ONG La Voix des sans-voix, s’était rendu le 1er juin 2010 avec son chauffeur à l’inspection générale de la police à Kinshasa pour un rendez-vous avec le général Numbi, chef de la police. Le corps de Floribert Chebeya avait été retrouvé dans sa voiture le 2 juin 2010, les poignets portant des marques de menottes. Celui de son chauffeur n’a jamais été retrouvé. Le général Numbi, personnage important de RDC, a été suspendu de ses fonctions. Il affirme n’avoir jamais donné rendez-vous à Floribert Chebeya. A la suite de l’enquête, huit policiers ont été mis en cause, et trois ont pris la fuite, dont Paul Mwilambwe.

Le 23 juin 2011, la cour militaire de Kinshasa a condamné à mort le principal suspect, le colonel Daniel Mukalay, numéro 2 des services spéciaux de la police, ainsi que les trois policiers en fuite, jugés par contumace. Un autre policier a été condamné à la prison à perpétuité et trois acquittés. Tous sont rejugés en appel depuis le 19 juin. La prochaine audience est prévue le 23 octobre.

Le général Numbi, interrogé comme témoin lors du premier procès, a été mis hors de cause. Les parties civiles, qui le considèrent comme le “suspect numéro un”, demandent qu’il soit de nouveau interrogé en appel. Ce qu’a refusé jusqu’à présent la Cour. Cependant, Numbi a cependant été réhabilité, consacré même dans l’ordre des héros nationaux en RDC.  Huit ans après, des zones d’ombres persistent toujours, les proches de Chebeya et Bazana dénoncent “une parodie de justice”.

Les regards se tournent à présent vers le Sénégal, où depuis 2014  une procédure est en cours, après une plainte des familles Chebeya et Bazana contre l’un des policiers en fuite cité parmi les bourreaux de ces deux défenseurs des droits de l’homme, le major Paul Mwilambo. Les deux familles espèrent un procès de ce nom au Sénégal pour avoir la lumière sur les circonstances de la disparition de deux activistes, alors que Mwilambo dit être témoin de l’implication de certains hauts gradés de la police congolaise dans ce double assassinat, à commencer par le général John Numbi.

Le Sénégal, qui s’est saisi de l’affaire au nom de la compétence extraterritoriale qui découle de la convention des Nations unies contre la Torture, n’a cependant pas beaucoup avancé. La procédure stagne, alors qu’aucun résultat probant n’a été observé.

 

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