Lundi à Port Harcourt, les Léopards, l’équipe nationale de football de la République démocratique du Congo, ont tenu tête aux Supers Eagles nigérians sur le score d’un but partout, dans un match sans enjeu. Au lendemain de cette rencontre, à Kinshasa, des informations autour de ce déplacement de l’équipe nationale et de tout le staff font état d’une incroyable surfacturation orchestrée visiblement par des dirigeants de la FECOFA.

En effet, selon plusieurs documents consultés à POLITICO.CD via une source anonyme, ce déplacement a coûté pas moins de 544.000 dollars américains, conformément à une facture présentée au gouvernement. Ces frais, explique-t-on, comprennent entre autres le logement et la restauration d’une délégation de plus de 47 personnes dans le fameux Hotel Presidential à Port Harcourt, principale ville de l’État de Rivers au sud du Nigeria; la location d’un avion spécial, ainsi que les primes d’au moins 5.000 USD par membre de la délégation.

Surfacturation et escroquerie

Cependant, selon des factures de dépenses effectuées au Nigéria et parvenues à POLITICO.CD,  4 nuitées pour 47 chambres abritant la délégation congolaise se chiffrent à 9,056,006 Nairas (environ 29.623,00 USD). Par ailleurs, la fédération congolaise de football n’a rien dépensé sur place, tout le séjour a été réglé par la fédération nigériane, par l’entremise du ministre des Sports, qui a payé 8.346,0006 Nairas, représentant 27.590 dollars.

“Seuls les frais de deux membres du Cabinet du ministre des Sports et trois journalistes ont été pris en charge par la Fecofa“, explique une source. La FECOFA n’a donc dépensé sur place que 2.033 dollars, soit 620.000 Nairas.

“Sur la facture présentée au gouvernement, la restauration, le logement et le transport  des Léopards s’élevaient pourtant à plus de 200.000 USD. Rien que le logement, on comptait environ 350 USD par membre et par jour. Au total, le gouvernement a déboursé plus de 70.000 USD à ce sujet“, explique pourtant notre source.

Ce match des Léopards au Nigéria révèle ici, explique une autre source, “la partie visible de l’iceberg”, tendant à prouver comment des dirigeants du football congolais profitent des matches amicaux et d’autres compétitions internationales pour faire payer à l’État les factures préalablement prises en charge par les fédérations hôtes ou les organisateurs.

En avril dernier, le président de Constant Omari Selemani, président de la Fecofa, a été mis aux arrêts en compagnie du Secrétaire général aux sports Barthélemy Okito, ainsi que deux vice-présidents de l’instance, Roger Bondembe et Theobald Binamungu. Ils sont depuis accusés de corruption, de détournements de fonds publics.

Au Nigeria, le vice-président de la Fecofa, Théobald Binamungu, a par ailleurs fait réserver et payer par la Fédération nigériane la chambre 702 à Hotel Presidential qu’il n’a jamais occupée pendant les 4 jours.