Corneille Nangaa: “on va voter avec la machine à voter!”

Corneille Nangaa ne va finalement pas reculer. Le président de la CENI annonce que les machines à voter, au coeur d’une contestation, seront utilisées aux prochaines élections. “On va voter avec la machine à voter. Les autorisations administratives ont été acquises, nous avons signé les contrats, la fabrication a commencé“, dit-il dans son interview.

Pour lui, la question de cette machine ne concerne nullement le gouvernement sud-coréen qui a émit des réserves à ce sujet. “Est-ce que c’est un problème de la Corée du sud? J’ai acheté les matériels pour l’enrôlement en France, auprès d’une entreprise française Gemalto, en quoi ça concernait le gouvernement français? En 2016, on a acquit les matériels de la Belgique, en quoi ça concernait le gouvernement belge?” interroge-t-il.

Sans la « machine à voter », il n’y aura pas d’élections le 23 décembre

Et alors que plusieurs pays, notamment les Etats-Unis, ont dénoncé cette machine, Nangaa affirme qu’ils sont simplement contre l’idée que cette machine n’ait pas été fabriquée par leurs sociétés. “Les élections sont des élections congolaises, les élections ne sont pas les élections des occidentaux“, insiste-t-il.

En février dernier, Corneille Nangaa avait déjà  annoncé à l’AFP que sans utilisation de “machines à voter”, il ne serait pas possible d’organiser les élections du 23 décembre 2018.

Le 10 avril, le vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Norbert Basengezi, a annoncé deux appels d’offre internationale dont un pour l’audit du fichier électoral et l’autre pour la certification de la machine à voter ont été lancés. Cette annonce intervenait alors que l’opposition, l’église catholique et les organisations de la société civile dénoncent toujours ces machines.

Le Comité Laïc de coordination (CLC), une structure catholique, affirme que ces machines risquent de plonger “inutilement” le pays dans un cycle de Violences.” “Le CLC attire l’attention des partenaires sur le fait que le manque de confiance des électeurs dans l’institution organisatrice demeure un sujet plus que préoccupant“, dit-il dans un communiqué publié le week-end dernier, et qui “exige une solution urgente“, appelant la CENI à “retirer immédiatement son projet de machine à voter.

Risque de chaos

Le Groupe d’étude sur le Congo a de son côté publié une analyse sur cette machine à voter qui va dans le sens de décourager la persistance de la CENI à utiliser cet outil qui multiplie des incertitudes et des inquiétudes quant à l’issue heureuse du processus électoral.

Le président de la CENI, Corneille Nangaa a dévoilé le vendredi dernier à Kinshasa le rapport de l’audit du fichier électoral, confirmant un nombre impressionnant des doublons et mineurs. “Après dispositif technique informatique de traitement et de détection biométrique, dit-il, 5.381.763 ont été radiés. 5.381.763 doublons, 902.290 mineurs. Au final 40.287.387 électeurs ont été validés“, confirme le président de la CENI.

L’opposition congolaise juge cependant ce fichier électoral peu fiable, à l’image du député de l’opposition Martin Fayulu. “La fraude première en élection c’est d’abord le découpage, et le numéro deux de la chose c’est le fichier électoral. Le fichier-là n’est pas fiable. On ne peut pas aujourd’hui aller aux élections avec un fichier non viable“, dit-il dans une intervention.

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