La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) s’est exprimée sur des rumeurs faisant état des négociations secrètes entre le camp présidentiel et le nouveau président de l’UDPS, Félix Tshisekedi, à qui Joseph Kabila serait disposé de confier la Primature.  Pour cette organisation des prêtres catholiques, cette nomination n’est plus une priorité.

Tout en reconnaissant que l’attribution de la Primature au Rassemblement de Félix Tshisekedi est une tâche de l’application de l’accord, la préoccupation de la CENCO à ce jour est l’organisation des élections le 23 décembre. Tout prétexte d’application de l’accord qui justifierait le report des élections, ça la CENCO n’accepte pas“, a répondu à Politico.cd le Sécrétaire général de la CENCO, l’Abbé Donatien N’shole.

La nomination de Félix Tshisekedi au poste de Premier ministre par le président Joseph Kabila n’aurait de sens aux yeux de la CENCO que si elle se fait dans le sens de tenir les élections le 23 décembre 2018. “Si aujourd’hui on veut nommer Félix Tshisekedi Premier ministre pour respecter l’accord, c’est une bonne chose. Mais on doit garder présent à l’esprit qu’il faut organiser les élections le 23 décembre 2018“, a-t-il soutenu.

Certaines informations font état des contacts secrets entre la MP et l’UDPS dans la perspective que Félix Tshisekedi soit nommé Premier ministre dans les prochains jours. “Des pressions viennent de partout pour que Félix Tshisekedi accepte d’être premier ministre de Joseph Kabila mais je salue son courage parce qu’il a refusé“, a déclaré le coordonnateur de Le Congolais debout, Sindika Dokolo, à l’agence de presse allemande Deutsche Welle.

Le porte-parole de l’UDPS, Augustin Kabuya a parlé d’une manipulation de l’opinion avec cette information. “Il n’y a pas de contacts entre le pouvoir et Félix Tshisekedi. Monsieur Kabila a refusé d’appliquer l’accord et les gens sont morts pour ça. Nous ne pouvons plus revenir en arrière “, a-t-il démenti.

La CENCO, qui a facilité les discussions ayant abouti à l’accord de la Saint-Sylvestre, s’est longtemps battue pour que Félix Tshisekedi soit nommé Premier ministre, avant que le président Kabila ne nomme finalement Bruno Tshibala. Une désignation que les catholiques affirment être une entorse à cet accord.