Dans une intervention à la radio allemande Deutsche Welle, le ministre congolais de la Communication et des Médias, Lambert Mende, dément les informations selon lesquelles le Président congolais et ses proches seraient des principaux bénéficiaire de ce projet signé avec la compagnie des Emirats arabes unis Dubaï Ports World (DPW), qui pourrait investir 1,2 milliard d’euros dans la construction d’un port en eau profonde sur la presqu’île de Banana, le long de l’étroite et unique ouverture maritime sur l’Océan atlantique de la République démocratique du Congo (RDC).

“C’est complètement faux parce que l’identité de ces personnes doit être connue avant que le gouvernement ne puisse approuver le projet et croyez moi, ce n’est pas le président ni un proche du président”, affirme-t-il.

“Il y a tellement de racontars sur notre président mais nous ne l’avons jamais vu prendre des intérêts commerciaux sur les projets publics. On a raconté des choses sur ses milliards mais chaque fois qu’on publie la liste des milliardaires africains nous n’avons jamais vu son nom sur ces listes.”

La Plateforme de Protection des Lanceurs d’Alerte en Afrique (PPLAAF) a publié le mois dernier une série de révélations affirmant que l’ensemble des négociations autour de ce projet serait entaché de faits de corruption.

« Une fois encore des lanceurs d’alerte indignés par la perspective d’enrichissements personnels ont décidé de révéler les dessous des négociations entre la RDC et une multinationale pour que cessent ces malversations», a déclaré William Bourdon, président de PPLAAF. « Il est évident qu’un port en eau profonde sur la façade Atlantique pourrait bénéficier à la RDC, mais pas s’il est pensé à des fins de détournements plutôt que pour l’intérêt général ».

Une joint-venture de droit congolais doit être constituée entre DPW et la RDC pour la construction et la gestion du port. La partie congolaise ne sera pas représentée par une des administrations publiques existantes et légitimes, mais par une société inconnue dont près de la moitié pourra appartenir à une personne privée“, révélait un communiqué de PPLAAF consulté par POLITICO.CD.

De la même manière, la gestion du port sera assurée par une société créée pour l’occasion et qui appartiendra à 60% à DPW et à 40% à un « Privé RDC ». “Selon les lanceurs d’alerte, ce « Privé RDC » n’est autre que le président Joseph Kabila ou une personne de son entourage proche“, insinue l’organisme international.