Dans cette lettre datée du 18 mars 2018 et dont une copie est parvenue à POLITICO.CD, PGR demande simplement au président de la Cour Suprême de Justice la fixation d’une audience afin de traiter le cas de l’opposant congolais Moïse Katumbi, condamné en première instance à 38 mois de prison ferme, dans une affaire de spoliation d’immeuble.

En effet, le jeudi 20 juillet dernier, le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, a (un peu) surpris son monde, en se dessaisissant de l’affaire opposant Moïse Katumbi au ministère public et Emmanuel Alexandros Stoupis.  La défense de l’ex-gouverneur du Katanga, en exil depuis plus de deux ans, avait soulevé une exception d’inconstitutionnalité au sujet d’une note circulaire du premier président de la Cour suprême de justice interdisant à tous les greffiers de recevoir les  récusations dites fantaisistes.

Dans la foulée,  les juges ont décidé de se dessaisir du dossier , conformément à l’article 162 de la constitution. Celui-ci évoque notamment que la Cour constitutionnelle est “juge de l’exception d’inconstitutionnalité soulevée devant ou par une juridiction.”

Selon des sources concordantes, le ministre de la Justice Alexis Thambwe et le PGR feraient pression autour de ce dossier pour obtenir la condamnation définitive de l’opposant Moïse Katumbi, synonyme de sa disqualification à la prochaine présidentielle du 23 décembre 2018.

Au même moment, la majorité au pouvoir accuse également Moïse Katumbi de détenir une nationalité italienne, qui le disqualifierait également de cette présidentielle.