L‘article 72 de la Constitution de la République démocratique du Congo interdit à toute personne qui ne dispose pas de la nationalité congolaise d’être candidat Président.  “Nul ne peut être candidat à l’élection du Président de la République s’il ne remplit les conditions ci-après : 1. posséder la nationalité congolaise d’origine ; 2. être âgé de 30 ans au moins ; 3. jouir de la plénitude de ses droits civils et politiques ; 4. ne pas se trouver dans un des cas d’exclusion prévus par la loi électorale.” La même question est également traitée dans la loi électorale, dans son article dix, fixant les conditions d’éligibilité.

Face à cette situation, Moïse Katumbi, qui a officialisé son intention de briguer la magistrature suprême en créant une large coalition électorale, est visée par les critiques tant du gouvernement que de la majorité au pouvoir, qui l’accusent de disposer d’une autre nationalité, le rendant inéligible.

Déjà l’année dernière, le ministre de Justice et Garde des sceaux Alexis Thambwe a ouvertement accusé l’opposant congolais de détenir une deuxième nationalité. Dans une interview publiée le 21 juin sur POLITICO.CD, le ministre congolais avait confirmé que l’ancien gouverneur du Katanga détenait bel et bien une autre nationalité.

Je vous assure qu’aujourd’hui il y a une documentation assez importante sur tous ceux qui ont pris une autre nationalité et qui l’ont camouflé à un certain moment. Il appartient à M. Katumbi, s’il sait qu’il est dans cette situation, d’enclencher la procédure prévue par la loi pour recouvrer la nationalité congolaise.

On peut toutefois redevenir Congolais un jour

A Jeune Afrique d’affirmer que “dans l’entourage du ministre, l’on parle d’un passeport italien que détiendrait l’ex-gouverneur”. M. Thambwe a déclaré durant une conférence de presse à Genève en Suisse, le 19 juin, que Moïse Katumbi ne pourrait pas être candidat à la présidentielle à cause de sa seconde nationalité. “C’est la constitution (…) qui interdit la double nationalité, et qui empêche Monsieur Katumbi de se présenter“, déclarait-il.

Décembre 2016, en pleine polémique sur sa nationalité belge, Samy Badibanga, alors Premier ministre, reconnaît les faits, mais annonce dans la foulée avoir abandonné cette deuxième nationalité – interdite en RDC pour occuper un poste de responsabilité –  depuis le 24 novembre de la même année.

whatsapp-image-2016-12-09-at-14-43-35Un document est publié. Il est daté 25 novembre 2016, il affirme que Samy Badibanga, nommé au poste du Premier ministre dans le cadre des accords du Dialogue de la Cité de l’Union Africaine, a introduit auprès du ministère de la Justice, sa renonciation à la nationalité belge qu’il détenait donc.

Ainsi, jusqu’à sa nomination, le 17 novembre 2016, Samy Badibanga était en réalité belge et l’Etat le savait. Le ministre Thambwe actera la demande de Badibanga, qui recouvre de ce fait sa nationalité congolaise. Le tout en seulement une journée.